Vu ou lu


Cinéma cinéma


Le bal des actrices

bravo Maïwen pour ce beau film, drôle et touchant, presqu'une comédie musicale. Une approche très véridique du métier d'actrice mi documentaire mi fiction, chaque actrice jouant son rôle et laissant éclater sa vérité. Karin Viard est étonnante quand elle s'imagine sérieusement que la France est trop étroite pour elle! Muriel Robin est très émouvante confrontée à son image de comique (la scène avec Weber est effrayante), Mélanie Doutey est à la limite du ridicule dans son voyage très 70's vers les Indes où elle adopte, pour se détacher d'une gloire si prenante, Charlotte Rampling se laisse aller, et toutes les autres... Julie Depardieu, géniale comme toujours, un pur régal. Ce film est un pur régal, un enchantement avec une découverte, le grand rôle masculin perdu au milieu de ces dames, Joey Starr! Eh oui, le frappeur d'hôtesse de l'air est un acteur né, d'un naturel remarquable et d'une grande force comique! Que dire de plus ? Allez-y, c'est rien que du plaisir et de la bonne vérité sur le milieu du cinéma!



Espions

Bon film d'espionnage, bien filmé et bien interprété. Un point : le film est presqu'entièrement en anglais (il est indiqué en VF partout) car il se déroule en grande partie à Londres. Guillaume Canet est très bien comme toujours et l'on salue le retour de Géraldine Peilhas, les deux experts dans la langue de Shakespeare. Bon film mais de là à crier à l'encensement général de la critique sous prétexte que le metteur en scène est un ancien des Cahiers, il y a un pas que je franchirai pas. 



Plus tard tu comprendras


Au risque d'être en désaccord avec mon amie Danièle (zermo's blog), voilà un film qui, bien que vu à la télévision, est remarquable. Justement, vu à la télévision car au départ c'est un  téléfilm. Hors Amos Gitaï n'a cédé sur rien de son style et il a d'abord fait un film de lui même, ce qui explique sans doute sa sortir simultanée au cinéma. Sans doute en salle la vision sur grand écran de l'esthétisme difficile de ce film passe autrement que sur le petit écran. Danièle se plaint par exemple des longs travellings sur les murs qui semblent enfermer les personnages dans leur histoire, certes mais faut-il lui rappeler gentiment que c'est là la marque d'Amos Gitaï ? Qu'il est toujours très difficile d'entrer dans ces films, que les longueurs ou les langueurs s'y sont pas forcément monotones ? On peut ne pas aimer, on peut décrocher et le risque à la télévision de zapper est alors très fort. Une fois passé le début du film, si on fait l'effort de continuer (le spectateur moyen n'a pas l'habitude, il se laisse emmener par le confort et le conformisme), le film peu à peu s'installe et l'émotion gagne. Plus tard est construit par de grandes séquences dont on sait qu'elles ont taillader dans le livre de Jérôme Clément, à la surprise puis avec la bénédiction de ce dernier. C'est un film sur la quête intime de l'identité, sur la découverte du judaïsme et de l'histoire dramatique des rafles et des camps. Au milieu, les acteurs, sublimes. Hippolyte Girardot d'une maturité incroyable, dans le non-dit, magnifique de ténacité et écrasé, Emmanuelle Devos et Dominique Blanc, toutes deux magnifiques, touchantes et chuchotements et l'impériale Jeanne Moreau dont les sourires sont désarmants et qui obtient un des rôles majeurs de sa carrière. Et la scène du film. La transmission du passé aux petits-enfants, dans la synagogue, à travers l'étoile jaune. Tout le drame de la Shoah et de sa mémoire est dans cette scène, une des plus belles que j'ai vue au cinéma (au cinéma!), d'une émotion absolue. Plein de questions autour de ce film. On peut avoir eu du mal, trouver que c'est parfois un peu trop signifiant (c'est vrai que la scène des cailloux et des bottes allemandes me semble un peu lourde) mais l'ensemble est magnifique. Un grand film d'Amos Gitaï. Un grand moment de télévision, un grand merci au service public. Si je paye la redevance pour ça, je veux bien payer. Je ne sais pas l'audience mais j'espère que le service public va continuer dans cette voie (il y avait eu l'assassinat d'Henry IV la semaine précédente, bonne démarche, très pédagogique mais trop théâtral, il faudra corriger pour la suite).



Largo Winch

J'avais bien aimé Anthony Zimmer, le précédent film de Jérôme salle. Il confirme tout son talent avec ce Largo Winch très tonique qui n'est pas loin des productions jamesbondiennes du genre. On se perd hélas un peu dans l'intrigue dont le fond est simple mais qui est décliné par une forme qui part dans tous les sens si bien qu'à un moment, il vaut mieux cesser de comprendre et se laisser porter par l'action, il y en a beaucoup, par la qualité de l'image, superbe, par l'interprétation en particulier celle de Tomer Sisley, la révélation de ce film. Il brûle la pellicule et a vraiment une gueule d'enfer. Je crois que nous tenons l'un de nos grands acteurs d'aventures de demain. Mélanie Thierry est charmante mais son rôle est un peu sacrifié. la grande Kristin Scott-Thomas est toujours formidable. Largo Winch est un bon divertissement, bien mené qui mérite d'être vu mais qui reste un peu de deçà des promesse qu'il laissait entrevoir.

Et après

je ne voulais pas voir ce film, ayant une mauvaise image de Guillaume Musso et de son "style" littéraire, de ses sujets vaguement ésotériques et bien pensants, à la Marc Lévy, que je n'aime pas du tout (pas le personnage charmant au demeurant mais l'oeuvre). Puis, les conditions horaires ont fait qu'à défaut de ne rien voir, j'y suis allé. Et puis il y a Romain Duris et John Malkovitch. Résultat ? J'ai somnolé une bonne partie du film, seules les vingt dernières minutes sont un peu intéressantes. Duris surjoue en anglais, l'oeil grave et noir, Malkovitch donne l'impression de s'endormir à chaque scène, il est venu cachetonner. La jeune actrice, je en sais plus son nom, est en revanche radieuse. Quant à l'histoire ? On est dans la lignée du Sixième sens sauf que Bourdos n'est pas Shyamalan et Duris est loin de Bruce Willis. Ainsi, une mise en scène plus nerveuse, un meilleur scénario auraient pu faire passer le sujet, après tout tous les sujets sont acceptables pouvru que ce soit bien fait. Hélas! La morale est sauve toutefois, faîtes le bonheur autour de vous, soyez heureux avant de mourir, aimez vous les uns les autres. Alleluia! Amélie Poulain fait des émules avec la bonne conscience américaine. Cela m'insupporte. je préfère que ça déglingue à tous les étage comme chez les frères Coen. je ne viens pas au cinéma pour des leçons de morale mal administrées. Je ne suis pas prêt de lire un roman de Guillaume Musso mais cela ne m'étonne pas que ça marche! Vox populi!




De l'autre côté du lit

Ce qu'il faut pour la rentrée après d'épuisantes vacances festives et familiales. Un film pas compliqué avec un scénario qui ne risque pas de faire mal à le tête. La femme prend la place de chef d'entreprise du mari qui lui devient femme d'intérieur et occasionnellement vendeuse! de bijoux. Elle trouve sa part de masculinité et lui sa part de féminité. La morale est sauve puisque la femme revient  à la maison et le mari à son bureau. Les enfants étaient traumatisés par l'inversion des rôles mais le couple fut sauvé. En fait, sous des dehors de gentille comédie sans prétention, le message est là : chacun à sa place. Pas de psychanalyse de bas étage! Les acteurs s'en donnent à coeur joie, l'ensemble est sans prétention, Sophie Marceau est toujours aussi belle et Dany Boon aussi drôle. Je dois avouer que j'ai beaucoup ri, eh oui! Parfois même à m'en décrocher la machoîre, en particulier lors de la scène où Juliette Arnault (superbe) et Dany Boon vont à l'hôtel pour ne pas consommer. L'inscription sur le registre est un grand moment comique. Le retour du chti. Bref, aussitôt vu aussitôt oublié mais sur le moment, on s'amuse bien. Au moins une comédie qui donne ce qu'elle promet.


Madagascar 2

Surtout ne pas voir la version française dont les seules références sont la banlieue. Les bêtes parlent comme à Clichy sous bois, ce qui est proprement scandaleux car ce n'est pas le cas dans la VO (au moins dans le premier). Quel besoin a-t-on en France pour attirer la jeunesse de doubler les films en langage banlieue ? J'évoquerai ce problème une autre fois. Le film est drôle certes mais pas de quoi fouetter un canard. Sans doute la VO...
 
Burning after reading, des frères Coen

Retour en forme des frères Coen, après le chef d'oeuvre No country for old man, bien violent. Celui-ci suit les traces d'une bande d'abrutis déjantés (Brad Pitt en con fini est surprenant de vérité, Clooney aussi mais on a plus l'habitude). Un film plaisant qui donne parfois une impression de laisser aller, sans doute les deux frères se sont-il un peu "reposés" après le grand oeuvre! La mise en scène demeure enjouée et élégante, les acteurs s'en donnent à coeur joie (Malkovitch dans un rôle comique, c'est assez rare) et l'ensemble se laisse voir. Un bon divertissement.

Secret défense, de Philippe Haïm

Un film vu alors que ce n'était pas prévu, des horaires plus adaptés que d'autres... et une vraie bonne surprise. Enfin un film d'espionnage français digne de ce nom. Une mise en scène au cordeau, une histoire incroyable mais qui semble proche d'une possible réalité, un ensemble hyper documenté, des acteurs magiques dont un Vahina Giocante sublimissime qui transperce l'écran et pas seulement, elle est incandescente  et troublante et un Gérard Lanvin minimaliste où le moindre clignement de paupière évite des lignes de dialogue. très rythmé, bien mené, du suspense, un montage virtuose, une musique superbe, les autres acteurs aussi (Simon Abkarian!), bref un excellent film français qui n'est pas loin des films américains (j'ai pensé à mensonges d'état, sur un sujet proche) malgré il faut le dire une petite baisse de régime en seconde partie. Allez encore un effort, on y est presque... 


Mia et le migou, de Jean-Rémy Girerd

Très joli conte écologiste sur la protection de la nature et d'un arbre sacré en particulier, celui des migous, de gros nounours maladroits qui se disputent tout le temps. On se doutait de la qualité du film, le précédent de Jean-Rémy Girerd était remarquable et constitue un mètre étalon du genre, La prophétie des grenouilles.  Tout est très beau et très finement fait, de la musique (requiem de Fauré au début) au doublage (Dany Boon désopilant dans le rôle des migous), un ton pastel dans la droite ligne des grenouilles, une morale sur la sauvegarde de la nature pas trop appuyée et une approche intelligente des problèmes  (le deuil, la solitude, la séparation des parents, etc). Un joli film intelligent qui mérite d'être vu en famille, une bonne alternative à Madagascar 2 et il y aura (hélas) moins de monde! Il est clair que la démarche d'aller voir ce type de films est loin d'être naturelle, on préfère la cavalerie américaine, drôle sans doute mais moins dentelée. Disons que ce film apparaît un peu plus "intello". Mais c'est un bonheur même s'il n'atteint pas les sommets de La prophétie des grenouilles.  


Cinéma cinéma : Quantum of solace

Quelques films... James Bond, toujours remarquable et tellement crédible. Daniel Craig revisite le mythe depuis Casino royale. Quantum of solace en est l'immédiate suite, le film démarre 20 minutes après la fin du précédent. En trombe. De l'action, de l'action, encore de l'action, ça n'arrête pas, et le film est court, 1h45, presque un court métrage pour une série qui généralement déborde les 2h30! Très efficace. Les critiques ont fait la fine bouche, on ne voit pas pourquoi, pas assez intello ? Pas assez fouillé ? Mais si le héros a des soucis, il réfléchit, il vibre, il s'humanise. Non, laissez tomber les critiques, ce film est un pied total pour ceux qui aiment (les autres, tant pis). Amalric roule des yeux de méchants et fait ce qu'il peut, c'est bien pour sa carrière mais Daniel Craig perce l'écran et il est le meilleur James Bond de l'histoire. Salut Sean...

Two lovers

James Gray est la plus belle découverte du cinéma américain depuis Spielberg. Tous ses films sont des chefs d'oeuvres. Celui là l'est presque. J'ai du mel à supporter Guyneth Paltrow, elle n'est jamais crédible, dans aucun de ses films (j'ai détesté Shakespeare in love). Mais heureusement, la réalisation est sublime, certaines scènes entrent dans l'histoire du cinéma (le suicide du début, la déclaration d'amour de Joaquin  Phénix sur le toit, de dos, émouvant à pleurer). Une grande et belle histoire d'amour entre un jeune homme inadapté dans la vie et deux femmes, le fantasme inaccessible et la réalité stable. Choix cornélien, sujet rebattu mais mise en scène remarquable et acteurs formidables, surtout Joaquin Phénix, le plus grand de sa génération. Une découverte permanente. Il dit vouloir arrêter le cinéma. Pétitionnez vite, que sera le cinéma sans lui ? Il est génial, on l'a déjà écrit partout. Depuis Gladiator où il volait la vedette à Russel Crowe jusqu'à Two lovers. Peut-être son meilleur film reste-t-il The Yards, du même James Gray où il atteint au sublime. Ne fais pas de bêtises Joaquin, le monde du cinéma a déjà perdu le grand frère (River, mort en 1993, acteur incandescent et grandiose), reste encore un peu, please!

L'échange

Quel âge déjà Clint Eastwood ?? Fichtre, pas si vieux quand même ! Et deux films en cours... Celui-ci a déjà été critiqué partout, parfois en bien, comme étant classique et sans fioritures. Certes, c'est un très long fleuve pas tranquille qui s'étale sur l'écran. Un film très classique dans sa forme, juste un montage alterné par deux fois, en particulier la scène du tribunal. Mais quel film! On en ressort accroché aux murs, détruit, en larmes, bouleversé. Exceptionnel! Un très grand film, très touchant sur une histoire vraie incroyable.  Un film qui mêle plusieurs entrées sur la même histoire, la disparition d'un enfant, la corruption de la police, un abominable serial killer à côté duquel celui de Seven n'est qu'un enfant de choeur, un procès, une mise à mort, un portait de femme, un portrait de Los Angeles au tournant du cinéma parlant, remarquable reconstitution. Bref, on ne s'ennuie jamais et on est chaviré devant toutes les émotions, révolté de l'attitude de la police de Los Angeles (tiens, drôle de croisement avec l'actu et l'affaire de Filippis...), horrifié devant les meurtres d'enfants et la pendaison hyper réaliste (Eastwood a toujours opposé à la peine de mort), le film dérange souvent mais emporte tout sur son passage. Hyper classique, certes mais Autant en emporte le vent l'était aussi. Superbe interprétation (Malkovitch et les enfants, Angelina Jolie un peu en dessous de ce qu'elle faisait dans la rôle de la femme de Daniel Pearl, trop kitsch ici à mon goût), photo magnifique, scénario magnifique et clair. Bref, un très grand film, un de plus pour ce très jeune réalisateur plein d'avenir qu'est Clint Eatswood. Vivement le prochain, en plus il joue dedans... trop classe, Clint!


L'ennemi public numéro 1

Je n'ajouterais rien à ma critique de la première partie du Mesrine. La suite est magnifique, c'est du très grand cinéma et tant pis si le héros est Mesrine. La dernière image (celle de l'affiche) rappelle La passion du Christ et cristallise tout le film. Image sublime du martyr. Mesrine, martyr ? Le film pose la question d'ailleurs, d'où sa rivalité avec François Besse, plus terre à terre. A vous de voir mais le cinéma vient en tout cas de le transcender, il entre dans l'histoire, comme Scarface ou Al Capone, canonisés par le cinéma. Quant à Vincent Cassel, il vient d'accomplir les deux films de sa vie. 




Le crime est notre affaire


Des personnages sympathiques et excentriques nous entraînent dans une enquête curieuse et excentrique. Agatha Christie adaptée par Pascal Thomas, en fait les héros sont les mêmes que Mon petit doigt m'a dit : Catherine Frot et André Dussolier. On rit, on sourit beaucoup, c'est bien mené, agréable, du pur divertissement. Hélas, malgré le casting remarquable, il manque au film un brin de folie qui l'aurait emmené vers les grandes comédies. Il reste un film agréable pour le dimanche soir, sans plus. Dommage.


Un petit Woody

Hélas mille fois hélas! Que font les critiques ? Je suis un fan absolu de Woody Allen, je connais tous ses films, je les ai toujours aimé même les moins bons. Je suis un fan de Scarlett Johanson, un fan de pénélope Cruz et je trouve que Javier Bardem est un excellent acteur... quand il joue pour les frères Coen!! Tous les ingrédients étaient réunis pour que je prenne un grand plaisir à voir Vicky Cristina Barcelona. Et les critiques unanimes placent le film parmi les grands de Woody Allen. J'y suis donc allé les yeux fermés. Tous les ans, un film de Woody. Avec lui, on n'attend pas. pas comme avec Kubrick naguère ou Malick de nos jours. Et puis, pendant une heure, rien. Je me suis ennuyé dans toutes les largeurs. Bien filmé, bien interprété, ce film se veut comique (il est présenté comme ça par les critiques) mails il ne m'a tiré que quelques grognements convenus d'habitué allénien. Je n'ai pas intégré le film. Aucun intérêt. Puis arriva Pénélope et là, enfin, la pellicule a pris feu. Moi aussi. C'est une actrice d'enfer qui dévore littéralement ses partenaires. Ah la séquence où elle marche avec Scarlett, la brune et la blonde. Le rêve du cinéphile. Mais la pauvre Scarlett s'est fait incendié par Pénélope. Pas étonnant que Tom (l'autre Cruise -Cruz) l'ait quitté, on ne peut pas tenir face à elle. Elle est incandescente. Elle n'apparaît que dans la dernière partie du film et c'est elle dont on se souvient. Tant pis Scarlett, tu as fais ce que tu as pu, c'était injouable. Pénélope Cruz est hallucinante. ne serait-ce que pour elle, le film peut être vu. Sinon, c'est un triste Woody, je ne comprends pas les critiques unanimes. Peut-être une explication : le film a été vendu comme une comédie. Je suis allé le voir en espérant, en attendant une comédie de Woody Allen, comme dans les grandes périodes. or, ce n'est pas une comédie. C'est un film grave qui est mené par sa légèreté mais ce n'est pas une comédie comme les autres Woody Allen. Le Nouvel Obs cette semaine parle du film comme un "conte cruel" et une "expérience scientifique" de dissection des sentiments humains. C'est mieux. Vu comme cela, le film semble plus intéressant. Mais, finalement, Barcelone n'est peut être pas un lieu où les propos alléniens sont à l'aise. La même histoire à New York aurait eu une autre gueule. Bref, un coup pour rien. Ne croyez pas les critiques. Autant retourner voir Mamma Mia, là au moins on sait ce qu'on va voir!



Appaloosa dans la lignée de Hawks

 


Ed Harris est un excellent acteur et confirme, après son prodigieux Pollock, qu'il est un grand metteur en scène. Son western est d'un absolu classicisme mais il appartient aux grands westerns taiseux et d'amitié virile des derniers John Ford ou de Howard Hawks (on pense à Rio Bravo ou Liberty Valance, aussi aux 7 mercenaires). Ed Harris s'amuse à déjouer toutes les conventions après les avoir utilisées. Chaque séquence est agrémentée de clins d'oeil, d'humour au second degré et les personnages sont très humains derrière leurs façades austères. Le film est dépouillé, va à l'essentiel quant à l'action pure et se permet de longues digressions littéraires ou émotionnelles (la relation Ed Harris-Renée Zellwegger est assez jouissive). Bref, ce film prend les codes et les distord aussitôt. Admirablement filmé et interprété, n'y oublions pas un Jeremy Irons qui semble franchement prendre son pied, Appaloosa s'inscrit dans les westerns qui font date. La nouveauté ici est que ce western n'est pas crépusculaire, c'est un western en pleine forme, de personnages rugueux et humains dont la fin reprend encore un thème éculé en le distordant, celui du poor lonesome cow boy qui taille la route... quoique.. un film à voir, les paysages y sont également sublimes.
Un film hallucinatoire aux références multiples

Vinyan, l'âme des défunts, si j'ai bien suivi. L'histoire d'un couple qui a perdu leur fils unique dans le tsunami en Thaïlande et que la mère, jouée par Emmanuelle Béart pense avoir reconnu dans une vidéo réalisée par une ONG locale. Ils se mettent en quête de ce fils perdu à travers la jungle birmane. Sujet fort intéressant qui m'a attiré dans la salle. Et je ne sais trop quoi penser du film, parfois expérimental comme le long générique du début, dont le son transperse les images supposées d'eau ou de gouttes d'eau multicolores sur l'écran (figurant le tsunami??) A bien des égards, on peut penser que le film est vraiment très mauvais. L'histoire tient à peine debout, les plans sont souvent à la limite du vraisemblable et tournent parfois au ridicule, l'interprétation d'Emmanuelle Béart frise aussi l'overdose de l'hallucinée (elle devient peu à peu folle, victime de ses fantômes et de la jungle). Esthétiquement pourtant, le film tient la route et on peut tout aussi bien y trouver son compte. Alors bien sûr, les références abondent, de nombreux plans ont déjà été vus ailleurs, mais on ne peut reprocher au réalisateur de n'être pas le premier à filmer la jungle et l'hallucination des âmes perdues. Ainsi, d'Apocalypse now (Béart en colonel Kurz entourée de son armée d'enfants assassins... limite mais bon...) à Voyage au bout de l'enfer, de Joseph Conrad à la série des Rambo (surtout le dernier), de Sa majesté des mouches à Cannibal holocaust, le territoire est balisé. De l'aventure au mélo malade jusqu'au gore, toute la folie dégrade le film et en ce sens, c'est une forme de réussite. Film curieux, instable, vénéneux, il est, malgré ses nombreuses imperfections et les très mauvaises critiques lues ici et là, un voyage initiatique au milieu des fantômes des enfants disparus, un film qui met mal à l'aise et dont la fin, qui frise le ridicule, fout carrément les jetons. C'est le traitement que le metteur en scène fait des enfants assassins qui attisait ma curiosité. Certes, on est loin de Golding ou de Peter Brook mais on ne peut demeurer indifférent aux images du meurtre du père par tous ces enfants qui protègent la mère matricielle qu'est devenue la mère charnelle du garçon pris par le tsunami. A vous de voir...










Jaoui ou Leigh ??

Deux films qui devaient être des événements mais qui n'en sont pas. Agnès Jaoui nous avait régalé du goût des autres, intéressé comme une image mais ne sait pas trop bien nous parler de la pluie. Bien filmé, bien tourné, le film est souvent long et s'use sur les leçons de vie du couple Bacri-Jaoui. Non que le film soit mauvais, il est ennuyeux. Le sujet est intéressant mais on a l'impression que le couple rabâche. Bacri bacrise (après tout on l'aime aussi pour ça), Jaoui se prend la tête, très sérieux malgré de vrais grands moments de comédie. Le clou du film est le tournage raté au milieu des causses avec le troupeau de moutons qui bêle à qui mieux mieux. A hurler de rire, dommage que tout le film ne soit pas de ce niveau de comique. Une fois de plus, je dois l'avouer, c'est Djamel Debouzze qui m'a conquis. Emouvant, drôle, tendre et d'un naturel désarmant, il confirme film après film qu'il est un immense acteur. A mon grand dépit car je ne le supporte pas en tant que personnage public. Déjà dans Amélie poulain, c'est lui qui sauvait le film du désastre absolu, une révélation entrevue dans Le ciel les oiseaux ta mère, pas si mal que ça. Dans Astérix mission Cléopâtre, il s'affirme comme un acteur comique majeur, dans Angel-A, il sauve encore le film par sa composition émouvante et désarmante, dans Indigènes, il s'affirme définitivement comme un des plus grands, aux côtés de Roschdy Zem et Sami Bouajila. Tous issus de l'immigration ? Et alors, ils sont immense, le talent n'a pas de frontières, le talent et le génie ne connaissent pas le racisme. Bravo Djamel, continue au cinéma, seulement au cinéma!
Mike Leigh a réalisé une comédie! Quelle annonce ! Le social triste fait sa comédie. Be happy donc ! Hélas! Certes, le film est bien fichu, avec des scènes d'anthologie (l'auto-école!!) mais pendant une longue demi-heure, on ne sait pas trop où Mike Leigh nous emmène, on s'ennuie un peu si ce n'est l'accent des actrices qui met un peu de sel (à voir en V.O of course). Puis, le film décolle et l'histoire de cette jeune femme de 30 ans qui rigole tout le temps et tente de mettre la pêche partout où elle passe prend le large. Superbe séquence de flamenco! Mais elle rit car elle est triste, le monde est triste, les gens qu'elle rencontre ont des problèmes, non seulement le moniteur du permis de conduire mais aussi cet élève, qui en frappe un autre, violent, qui en une séquence avec un psychologue avoue que son beau-père est violent. On est en plein cliché! Révélation aussi rapide, improbable! Et la victime des coups ? On s'en fout on s'intéresse au coupable, c'est lui qui a des problèmes, c'est à lui que la société va donner des moyens pour tenter de résoudre ses problèmes. L'autre ? La victime ? Tout le monde s'en fout, comme en France. Ceux auxquels la société s'intéresse sont les enfants à problèmes, les violents, les décalés, on tente de les aider. C'est bien mais les autres ? Ceux qui se prennent les coups parce qu'ils travaillent ? Parce qu'ils sont dans la norme ? Parce qu'ils sont "bien élevés" par des parents qui font leur boulot de parents ? Ceux-là, qu'ils se débrouillent, ils peuvent se faire frapper, ils doivent comprendre ces pauvres enfants battus (hélas) ou laissés pour compte. Où est l'égalité ici ? Je méloigne un peu du film mais cette scène m'a soulevé les tripes, je me serais cru dans un film de Bégaudeau !!!! Donc Be happy n'est pas une comédie. C'est un film plus léger pour Leigh que les autres mais c'est un film triste. Bien fait mais triste. Quant à Bégaudeau, je ne suis pas allé voir Entre les murs. Irais-je ? Palme d'or, il va bien falloir que je m'y risque. Mais l'hunanimité des critiques fait froid dans le dos. Je sais ce que je vais trouver dans le film. Tout ce que je viens de quitter. Tout ce que contre quoi je me bats, le prof copain à l'écoute des élèves, des élèves avec qui on passe son temps à discuter, à négocier. Même si cela entre bien dans le cadre de l'enseignement au collège, je pense que la discipline reste le principal fondement de l'apprentissage et de la vie en communauté. Je m'étais déjà opoosé à Bégaudeau dans un article avant les vacances, je ne change pas d'avis. J'irais le voir ce film qui "rend hommage aux professeurs" disait l'ex-professeur Darcos qui n'a plus mis les pieds en classe depuis 15 ans et sans doute pas dans les classes sensibles! C'est un sujet de bourgeois gauchiste ce film, sans doute est-il très bien fait, Cantet est un grand metteur en scène. Mais tant de démagogie (rien que la bande annonce) me dégoûte. Moi, j'y ai passé douze ans de ma vie avec ces élèves là. J'ai des bons souvenirs, c'est vrai et nombreux. Mais ce qui manque le plus dans ce genre d'établissements, c'est un minimum de discipline. Alors, réactionnaire ? Oui, mais pas autant que la majorité des profs qui veulent surtout que rien ne change, ni en bien ni en mal. La paix sociale coûte cher. Elle a failli me coûter la santé. Je me préfère à eux, désolé, je suis un égo-réactionnaire!




Films de rentrée bons ou moins bons

Gomorra tout d'abord. Un film choc sur la camorra napolitaine et campanienne. Une camorra qui tient tous les réseaux, qui paye le peuple et taxe les riches, se constituant ainsi une clientèle fidèle. Le film est tourné comme un documentaire, caméra épaule, si proche de la réalité que l'on se noie et que l'on ne sait plus ce qui est fiction et ce qui documentaire. Le livre de Roberto Saviano, dont est tiré le film,  est aussi hallucinant que les images. C'est un récit, une enquête, pas un roman. Tout ce qui est écrit a été entendu, vu ou vécu par le journaliste qui s'est mêlé à la camorra. Le port de Naples apparaît soudain comme le levier principal du trafic et du commerce parallèle entre l'Asie et l'Europe. Une partie des marchandises disparaît, n'existe plus, effacée. Et pourtant on la retrouve en vente plus loin, en Allemagne, en France... De très beaux moments sur la confection de la haute couture. La robe portée par Angelina Jolie aux oscars (dans le film c'est Scarlett Johanson) a été fabriquée dans les ateliers clandestins de la camorra et son maître d'oeuvre, aussi doué que Dior sans doute, restera inconnu et finira sa vie au volant d'un camion. Puni car il a appris aux chinois (autre mafia présente) à coudre les vêtements de stars. Superbes scènes dans le films, émouvants dans le film et le livre. Et puis, la violence. On tue, on tire mais ce n'est pas Scorcese. Pas de mythification de la violence, pas de lyrisme. On tue c'est tout et souvent on ne voit pas l'impact. On voit les corps, on voit les visages des survivants. Sobre et fort. Deux ados vont s'y perdre, en voulant s'abstenir de toute filiation envers un des groupes de la camorra, ils vont déstabiliser l'ensemble et finir comme des canards, au viseur. Ce film est un film édifiant, on se demande après l'avoir vu si l'Italie n'est pas gouverné par la mafia (économiquement du moins), quelle est son influence ? C'est un film militant, qui dénonce le rôle de la mafia mais aussi la passivité de la population et des gouvernants. Un réquisitoire brûlant à voir toutes séances tenantes. D'ailleurs, le livre est en tête de vente des essais.

La fille de Monaco m'a un peu déçu. Bien filmé, de la belle ouvrage mais Lucchini fait du Lucchini et Louise Bourgois n'est qu'une midinette bardot de plus. Elle est très belle et elle crève l'écran c'est vrai mais l'ensemble est finalement assez léger. Il y a de bons moments mais la fin est assez prévisible. Roschdy Zem sauve les meubles. Quel talent de ne rien faire pour tout dire!! Un immense acteur, mais ça, on le savait déjà. 

Mirrors est à conseiller pour les amateurs du genre. Bien ficelé, bien mené par Alexandre Aja (un français) dont j'avais apprécié la relecture de La colline à des yeux. Le film respecte les codes, une dose de gore (assez hard d'ailleurs), un peu d'humour, pas trop, du suspense avec famille et enfants. La fin est imprévue et rappelle Sixième sens. Plutôt original dans l'ensemble malgré des naïvetés ici et là, le film se laisse voir mais il est pour les amateurs d'horreur. Et puis c'est bien de retrouver Kiefer Sutherland au cinéma, il a pris de la patine.
 

Films d'été bons ou moins bons


Un dessin animé d'abord, Kung Fu Panda. Rien à voir avec le chef d'oeuvre essentiel de l'histoire du cinéma qu'est Wall.e, Kung fu panda est sympathique, très bien fait, mais l'histoire est banale, toujours pareil, un maître qui transforme une grenouille en carosse. Du Star wars en miniature. Yoga et Panda. Mignon, parois assez sombre; les scènes du méchant tigre rappellent Forteresse ou Le seigneur des anneaux. Assez féministe, c'est tendance, très politiquement correct, le film est agréable mais ne retient guère l'attention. La version française est mauvaise, surtout le doublage du panda. Pourquoi vouloir faire du 9.3 alors qu'il est évident que la VO américaine demeure compréhensible ? Ce Manu Payet qui double (que je ne connais pas) est régressif et infantile. C'est l'autre face de l'animation, celle-ci est accessible aux enfants mais pas trop jeunes.
Un mot sur la Momie 3. Bonne idée que d'aller l'empereur et son armée mais le film est rempli d'esbrouffe et guère intéressant. Plein d'effets spéciaux (c'est le moins) souvent remarquables, le film sent le ressassé, on est à la 3è phase de sa momification. Le premier était un bon divertissement, le second pas trop mal, celui-ci réchauffe un peu. Moins drôle que les précédents, compensé par les effets spéciaux et l'exotisme chinois (tiens donc, quel hasard). Jet Li a vraiment l'air d'une momie, Michelle Yeoh fait ce qu'elle peut mais il y a une petite actrice à tomber, son nom m'échappe mais rien que pour elle, on peut faire le détour. Contrat rempli, le film fit ce qu'il à a faire, il distrait, sans plus. Amusant en tout cas de voir l'héroïne écrire des livres sur la momie à une époque (années 30 et 40) où celle-ci fait les beaux soirs du cinéma d'horreur...
Hulk est un film agréable, plutôt intello pour ce genre, avec Edward Norton, la bonne idée pour humaniser le monstre. On réfléchit pas mal, ce qui explique ces piètres résultats mais les effets spéciaux sont réussis. On revient aux fondamentaux de Marvel et le super héro n'en est pas un, il est victime. Il fallait oser la course poursuite dans la favela, un film assez réussi.
 
La fille de son père. Jennifer Lynch est la fille de son père. Son film est d'une rare violence, pervers à souhait, admirablement interprété et très déstabilisant. Surveillance est à voir pour sa mise en scène au cordeau et sa fin de laquelle la morale est absente. D'ailleur le film n'a aucune morale. Très inspiré des films de papa, Surveillance est un bon thriller, angoisse et horreur sont au rendez-vous et surtout, ce qui m'a vraiment plu, sa totale perversité et son immoralité. Une découverte. Sauvez les enfants!
 
Côté français, Le premier jour du reste de ta vie est chaleureux, drôle, très vrai, tout le monde peut s'y reconnaître et les acteurs sont magnifiques. Une mention à Jacques Gamblin, décidément surprenant et très émouvant en peu de gestes. Un immense acteur méconnu qui confirme qu'il est l'un des meilleurs. Un bon film, l'un des rares bons films français du moment.
 
Hancock, effets spéciaux contre héros sale et images intéressantes mais la sauce prend mal et Will Smith est plus à l'aise en survivant, un coup pour rien. Un divertissement de plus sur une bonne idée un peu gâchée. My name is Hallan Joe est assez bien fait dans le genre très codifié du voyeurisme au cinéma, ici le voyeur entre littéralement chez sa victime et le fantasme s'accorde mal de la réalité. Ensemble sympathique avec de bons acteurs.
Bons baisers de Bruges est le film thriller de l'été. Très drôle, déjanté, deux acteurs exceptionnels dont un Colin Farell que décidément j'aime de plus en plus par sa désinvolture et son sixième degré d'humour. Un excellent film où Bruges est -bien filmée, malgré les pointes british d'humour noir contre la ville.C'est le film à voir pour ceux qui aiment le genre, une belle surprise. Que c'est beau Bruges la nuit.
Le monde de Narnia 2 est moins bien, moins surprenant, moins magique mais il réserve d'excellents moments, la bataille finale, le duel. Le film doit encourager les enfants à lire le livre, nettement meilleur of course. Mais on s'est pris d'affection pour les jeunes héros. 



A swedish love story, film  de Roy Anderson

Titre débile pour un titre original qui est "Une histoire d'amour" comme tant d'autres. Ce film date de 1970 et il sort pour la première fois en France. Parmi tous les films vus ces temps ci (dont un vieil Indy), celui-ci mérite une attention de la part de l'historien. Le film raconte une histoire d'amour pure et belle entre deux beaux ados suédois (surtout la jeune actrice, magnifique et blonde, tout ce que j'aime), un amour pur et absolu, entièrement à l'écart du monde adulte. Le film montre la culbute des deux mondes. Les adultes, engoncés dans leur convention très luthérienne mais dont les excès festifs sont parfois à la limite de l'outrance, engoncés dans leurs conventions, très froids et rigides alors que les deux jeunes sont en dehors du monde et vivent leur passion avec beaucoup de tendresse. Le film est très touchant, surtout très réussi dans l'approche sensible de l'autre. On s'effleure avant de se parler. Pour ma génération, cela rappelle des choses, certes, je suis plus jeune mais cinq ans tout au plus. Les approches amoureuses sont toutes les mêmes et la passion aussi. Ce film, qui a presque 40 ans, est un lumineux témoignage de la société soi disant rigide de la Suède des années 70 et de le jeunesse éternelle. A noter la présence dans un second rôle de Bjorn Andresen, qui illuminera pour l'éternité Mort à Venise l'année suivante, Tadzio c'est lui. Déjà très beau avant que d'être transcendé par Visconti. Un film intéressant sociologiquement qui nous replonge dans les années 70 et qui mérite le détour. Tout en finesse, souvent émouvant et disons le, dont la nostalgie nous prend, moi en particulier. Dieu que cette petite suèdoise est belle et désirable et correspond au stéréotype. 14 ans! Et alors ? L'observateur note que la jeunesse fumait allègrement et buvait déjà. Typique de la Suède du début des années 70 ? Pas la cigarette en tout cas. Pour toutes les qualités citées, il faut voir ce film pré-Abba. 
Autres films ? j'ai déjà écrit que je parlerai pas de tous les films mais il me semble que deux autres films méritent notre attention, je ne les ai pas encore vus. Children, film islandais en noir et blanc sur la maltraitance d'un enfant de 12 ans et Ezra, film nigérian sur les enfants soldats. Un même thème cette semaine en art et essai, la jeunesse. Trois visions différentes. Un conte d'hiver traite de la famille, à l'italienne. Desplechin remplit le contrat, le film est un peu long mais très brillant. Les interprètes somptueux, en particulier Deneuve qui vieillit bien, sa fille Chiara, très touchante et l'immense Amalric qui devrait toutefois éviter de surjouer les mêmes personnages d'un film à l'autre. Il est le méchant du prochain Bond, wait and see.

Désengagement, film d'Amos Gitaï
Voilà un film engagé en faveur de la paix, on connaît les opinions d'Amos Gitaï, grand réalisateur israélien dont j'adore généralement les films. Désengagement raconte le désengagement (justement) des colons juifs de la bande de Gaza par Tsahal. Le film est en deux parties. La première, moins réussie, se situe à Avignon où le patriarche vient de mourir. Se retrouvent ses deux enfants (de deux mariages), retrouvailles ponctuées par l'apparition de Barbara Hendriks, très émouvante dans le chant funèbre. Superbes images, magnifiques dialogues. La première scène dans le train entre le fils (israélien) joué par Liron Levo et une palestinienne en goguette jouée par la sublimissime Hiam Abbass, ne sert à rien si ce n'est qu'elle pose d'emblée le militantisme de Gitaï, réconciliation. Avignon est marqué par le ballet des retrouvailles entre Liron Levo et Juliette Binoche, superbe et enjouée. La scène clé est celle où Jeanne Moreau annonce l'existence d'une fille (celle de Binoche qui l'avait laissé vingt ans avant car trop jeune pour l'élever en kibboutz) et que celle-ci a droit à une partie de l'héritage du grand père. On nous révèle que ce dernier a continué à la voir. Pas la mère. Seconde partie, les retrouvailles de la mère et de la fille alors que Tsahal éjecte violemment les colons de la bande de Gaza (où vit justement la fille de Binoche). Le demi-frère du personnage de Binoche (Liron Levo) est l'un  des chefs de Tsahal et tout le monde se retrouve dans l'effroyable désordre de la situation. La fin est très émouvante et cette deuxième partie est très réussie. On y retrouve le grand Amos Gitaï. L'ensemble est cependant excellent et surtout, le film reste et s'imprègne en vous, il donne à réfléchir. Il faut vite aller le voir avant qu'il ne disparaisse totalement des écrans.




Como et jazz à tous les étages

Je ne suis pas un  fan de jazz, hormis quelques classiques, je n'adhère pas ou peu à cette musique. Pourtant, ce soir, j'ai été transporté, ému jusqu'aux larmes par le concert de Jean-Pierre Como à l'Auditorium St Germain. 14 musiciens. Classique et jazz se répondent en une fusion pathétique et émouvante dans l'âme soeur, écrit pour sa soeur décédée trop tôt. Como, c'est le Ravel d'une pavane pour un infante défunte. Magique et magnifique. Sublime dans le lyrique et le dernier souffle du saxo soprano emporte avec lui l'âme de la soeur aimée vers l'infini musical. Un requiem jazz! Quelle beauté, je me convertis à la musique de Jean-Pierre Como, il est le jazz, il fait pleurer son piano. 
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Bataille à Seattle, un film de Stuart Townsend

Un film choral sans doute avec de nombreux acteurs sont Charlize Theron et Woody Harrleson mais surtout, et cela fait plaisir à voir, un grand film engagé, un vrai film militant. Que l'on partage ou pas les opinions des militants anti-OMC qui ont littéralement saboté la réunion de 1999 à Seattle, on reste stupéfait devant la violence des autorités (malgré le peu d'empressement du maire) face aux manifestants. L'OMC aujourd'hui compte la Chine comme adhérente et à terme va sans doute compter la quasi totalité des pays, y compris en développement. Le film montre de l'intérieur les débats, parfois avortés, qui opposent les tenants d'une économie libérale dominée par les Etats-Unis (l'OMC est une émanation des Etats-Unis qui dirige en fait le commerce mondial) et les tenants d'une économie plus juste où l'homme vaut plus que les profits. L'Afrique souffre, son représentant prend fait et cause pour les manifestants, de même que celui de Médecins sans frontières. La situation n'a guère évolué puisque de grands groupes dominent la planète et l'exemple de la faillite du coton malien ou burkinabé à cause des quotas et des subventions américaines montre que l'OMC ne fonctionne que pour les pays du nord. Le film a des qualités évidentes, mêlant images d'archives et fiction et l'on est secoué par certaines scènes. Des gens applaudissent ou hurlent dans la salle, au-delà de l'oeuvre elle-même, il faut voir ce film militant (sans doute appuie-t-il trop parfois mais c'est la loi du genre) pour se souvenir que nous sommes de sacrés privilégiés mais manipulés par des puissances politico-financières (y compris la Chine en 2008) dont les intérêts ne sont pas les droits de l'homme. Des dizaines de milliers d'enfants meurent chaque jour dans le monde de malnutrition ou de maladies (sida ou même rougeole) mais quel prix face aux milliards des pétroliers ou des industries pharmaceutiques ? Des élèves m'ont demandé un  jour pourquoi ces gens (en Afrique subsaharienne surtout) ne se révoltaient pas ? D'abord parfois ils se révoltent mais sont rapidement maîtrisés par des états qui contrôlent l'alimentation et créent artificiellement des famines pour que la communauté internationale s'émeuve, envoie des aides, aides qui vont dans la poche des gouvernants. Et puis, la révolution ne se fait pas le ventre vide! Rien à craindre pour l'instant.

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Lettres de Paris, de Paul Morand (Arléa)

Paul Morand est un remarquable observateur de la vie artistique du Paris des années 20. Correspondant du journal The Dial de New-York entre 1923 et 1929, il écrit ses lettres directement en anglais et témoigne de la vivacité de paris, déjà investie de touristes (des bus sillonnent les rues, les Champs Elysées et se garent devant les monuments, les guides parlent vite et tout le monde repart après quelques photos. Quelle modernité) Proust y meurt, Aragon ou Giraudoux y naissent, Radiguet passe diaphane entre les bras de Cocteau, Picasso sue le génie, Monet peint des Nymphéas que Morand n'aime pas, Bernanos écrit Sous le soleil de Satan, Colette Chéri, Barrès trépasse et Malraux arrive. Entre deux guerres, entre deux mondes, un temps suspendu à défaut d'être retrouvé, le temps proustien égraine sa nostalgie, Gide fait scandale avec Corydon puis court au Congo, Stravinski et Diaghilev expérimentent de nouvelles formes d'art, les années 30 émergent au bout de ce point de suspension heureux. Tout cela et plus encore dans les Lettres de Paris, rééditées par Bernard Delvaille aux éditions Arléa, pour le plus grand bonheur de tous ceux qui ont été charmé par le journal de Maurice Martin du Gard ou le roman de Dan Franck sur la Bohème. A lire de toute urgence, tant d'esprit, de culture et de création font du bien en cette période sarkozyste du néant intellectuel accompli.

 

Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 22:02

Bravo à Luc Ferry! La révélation qui est constitutive de l'affaire DSK puis Tron... car peut-être allons nous enfin tout savoir sur les vices cachés de nos politiques! Donc, en scène un ancien ministre poissé dans une partouze avec de jeunes garçons à Marrakech! Pas de nom mais Ferry dit que tout le monde sait et là les vierges effarouchées, journalistes  surpris mais non on ne sait pas même si certains par de subtils jeux de mots laissent entendre qu'ils savent! Mais putain quelle bande de faux culs! De qui se moque -t-on ? Dans les années 80 quand j'étais dans le milieu du spectacle, tout le monde savait ou tout au moins la rumeur gonflait et toujours le même nom de ministre (pas ancien à l'époque), j'ai toujours su, moi! Alors peut-être que Ferry parle d'un autre ministre mais en tout cas un est connu pour les partouzes avec jeunes garçons, le milieu homosexuel que j'ai aussi fréquenté à l'époque n'en faisait pas secret. Bien sûr je ne dirais aucun nom car considérons cela comme des rumeurs mais tout de même, toujours sur le même ministre... au moins Frédéric M a-t-il écrit (et superbement d'ailleurs) sur sa vie secrète. Pas l'autre, qui écrit pourtant... Ce que je veux dire ici c'est que tout Paris sait depuis très longtemps et que personne n'a jamais rien dit et aujourd'hui les journalistes semblent étonnés, nous, non on sit pas, et les hommes politiques... grand bal des faux culs! Si moi je sais alors franchement...mais ce ne sont que des rumeurs..; vas y Luc, parle... finalement l'affaire DSK va engendrer des ouragans et c'est pas plus mal car tout cela est abject et dégueulasse. La loi du silence dans ce cas est immonde! GO on LUc! 

Par Jérôme Bimbenet
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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 21:34

UN très bon film à déguster entre deux cônes glacés, par ces temps de chaleur printanières! Mis en scène par le fils de David Bowie (faut assumer, il est non il n'a pas le même nom mais c'est quand même...Duncan Jones), le film fait revivre la même scène de 8 minutes à un quidam manipulé par un organisme para-militaire, il se réveille dans un train sous l'identité d'un autre et doit trouver l'auteur de l'attentat qui détruit le train au bout des 8 minutes. Lui ne risque rien, il est immortel ou presque... déjà mort!! Certains y ont vu une déclinaison d'Inception, sans doute mais aussi et surtout du célèbre Un jour sans fin. Le savoir faire du réalisateur est grand puisque pas un moment on ne s'ennuie dans ce film volontairement "répétitif", malgré ça et là quelques faiblesses scénaristiques (sur les guerres actuelles et le sacrifice des soldats). Jake Gyllenhaal est excellent et ses partenaires féminines aussi. Un bon moment de cinéma à ne pas rater, d'autant que c'est plus compréhensible que Inception!

Par Jérôme Bimbenet
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 22:11

Garçon manqué! Et quel garçon! Ah, quel beau film, agréable, d'un souffle libre et clair, aux espaces ouverts, aux plans légers (la séquence du début, les images des pieds, les détails ), des images évidentes sur un sujet très délicatement traité. Une gamine de 10 ans à l'air androgyne se prend pour un garçon et ne fréquente que les garçons (ou presque) après avoir menti sur son identité. Et une fille tombe amoureuse d'elle (de lui) et tout le film se déroule autour de la quête d'identité, du mensonge, de la question identitaire. Fille ou garçon. A un certain âge, les limites sont floues et le film évolue dans ce flou. Certes, le sexe est clairement défini mais est-on en adéquation avec ce que la nature vous a attribué ? Est-ce pour autant qu'une gamine "garçon manqué" deviendra homosexuelle ? Non, rien n'est écrit mais la quête existe et on peut être attiré par les deux côtés, ce flou justement, cet entre-deux indéfini des pré-adolescents ou des adolescents. Le film est absolument remarquable de sensibilité, d'émotion contenue, de justesse et cette jeunesse d'immeubles qui enfin nous sort de la banlieue stéréotypée! J'ai eu l'impression de me retrouver, 40 ans en arrière, avec un langage identique, un comportement identique, des lieux identiques, une jeunesse immuable qui reste polie, qui parle correctement, qui a des jeux de son âge, de tous les temps, pas de télé, pas de jeux vidéos, pas de portables et pourtant l'action se passe aujourd'hui. Que cela fait du bien! Une jeunesse immuable pour une quête intemporelle. Et que de jolies scènes, toujours dans le détail et la délicatesse, peu de dialogues. Vraiment, quelle fraîcheur! Cela fait du bien au cinéma français que de voir des films comme Tomboy! Du bien! 

Par Jérôme Bimbenet
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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 23:12

Après avoir revu Le discours d'un roi la semaine dernière avec mon fils et apprécié encore plus ce chef d'oeuvre, suis allé voir Titeuf. Eh bien, cela faisait bien longtemps que je n'avais rigolé autant devant un dessin animé. On retrouve tout ce qui fait le charme des albums et il n'était pas facile de mener une histoire sur la longueur. Zep est carrément génial, j'avais découvert la bande dessinée grâce à mes enfants (comme tout le monde) et j'y étais entré un peu à reculons. Et puis j'ai apprécié car cela sonnait juste et les gags étaient franchement drôles. Pareil dans le film! Et qu'est-ce que j'aime les arrières plans où il se passe toujours quelque chose! Le film n'est pas dénué d'émotion non plus même si on tape un peu dans le cliché (les parents qui ont des problèmes, ça sonne très "actuel"), parfois il y a des baisses de rythme mais l'ensemble est très bien emballé. Et les séquences oniriques sont absolument géniales, celle du début (la Préhistoire) et celle de Johnny Hallyday qui prêt sa voix bien sûr à son personnage animé avec en prime une superbe chanson road-movie. A ce propos, il faut souligner aussi la bande musicale, remarquable où l'on retrouve à part Johnny des pointures comme Goldmann, Souchon, Bénabar, Cabrel ou James Blunt! Et des chansons écrites la plupart du temps par Zep lui même. Le pied! On est comme un gamin dans un magasin de jouets! Voilà une réussite de l'animation qui ne se prend pas la tête et qui met de bonne humeur! Petits et grands! Tcho!

Par Jérôme Bimbenet
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Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 19:11

Non ce n'est pas le titre du nouveau film de Tarentino hélas! Chelles, un samedi soir d'avril, un abri bus comme tant d'autres, il fait nuit, une famille attend et soudain... Trois morts ! Une petite fille de trois ans la face contre terre gisant sous une voiture folle, sa maman, son oncle. Le père s'en est tiré. Le fallait-il ? Il a perdu toute sa vie. Ce n'est pas la première fois qu'un chauffard massacre une famille avec son véhicule de la mort, toutes les semaines des salopards à quatre roues parcourent les routes de France sans respecter le code de la route et parfois ça marche, ils tuent, ils se tuent même aussi mais pas là, juste blessé, l'alcool conserve. Ce qui me touche un peu plus que d'habitude ici c'est que à une demi-heure près la famille massacrée aurait pu être la mienne. 

 

Un rond-point sur la route de Montfermeil, 19h environ un peu plus. Un bruit énorme, vrombissement du tonnerre, de la fumée, une voiture à fond de caisse qui tourne autour du rond-point, mal contrôlée, les roues arrière se soulèvent et elle reprend son axe de justesse... juste en face, ma voiture, tout le monde à l'intérieur, mes enfants pétrifiés de peur, moi les yeux qui ne quittent pas la voiture folle pour tenter sans doute une esquive si par hasard... Puis elle repart dans la fumée et le bruit... Je démarre, lentement, on est jamais trop prudent mais le bruit s'est éloigné... mes enfants sont terrorisés... je ne l'ai pas avoué mais j'ai eu très peur, je n'avais jamais vu ça en vrai... seulement au cinéma. On s'est demandé ce qui allait se passer avec ce type au volant... nous avons eu de la chance.

 

Dans la soirée, j'apprends la fin de l'histoire. La suite est dans tous les médias. Ce type est un  assassin. Et récidiviste ? Connu par les services de police ? Pourquoi était-il dehors ? La gamine doit se demander aujourd'hui pourquoi on laisse traîner des assassins dans les rues. Je suis légaliste, j'ai accepté l'abolition de la peine de mort. Mais certains soirs je doute... 

 

Par Jérôme Bimbenet
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 00:15

Ah l’éducation des enfants ! Voilà le grand thème fédérateur des familles et des couples, celui autour duquel on se déchire, à cause duquel on peut perdre ses meilleurs amis. En société ne parlez jamais politique ou éducation des enfants. Comme dans la célèbre caricature de Caran d’Ache à propos de l’affaire Dreyfus lors d’un dîner mondain : « ils n’en parlent pas, ils en ont parlé ! », et les convives se déchirent. Pour l’éducation, tout le monde a la formule magique mais aucune ne marche, ça se saurait et on éviterait les hordes de gamins mal élevés qui hantent nos établissements scolaires. Devant le chaos que représente généralement la mise en pratique des grandes idées éducatives, je n’ai jamais pris de véritables décisions ou de partis pour l’éducation de mes enfants. Je crois qu’aucune idéologie n’est valable et toutes le sont, pas de catéchisme. L’empirisme, l’expérimentation, l’adaptation des parents à leurs enfants (et le contraire aussi d’ailleurs), l’adéquation, les tentatives me semblent la bonne démarche. Si quelque chose ne marche pas, on essaye autre chose. Peu importe, ce qui compte c’est que cela fonctionne. C’est comme en classe, pas de méthode en fait, de l’improvisation souvent et surtout que cela marche. La meilleure méthode est celle-là, celle qui marche, quitte à la changer si elle ne fonctionne plus après un temps. Disons que c’est la forme qui adaptable à tout instant, les parents comme tous les éducateurs doivent être réactifs, ce qui importe est l’enfant et les relations qu’il noue avec le monde qui l’entoure, parents en tête. J’aurais donc tendance à être assez relâché sur la forme, certains disent laxiste, d’autres disent cool, question de point de vue. La forme n’a guère d’importance, elle évite un trop fort carcan, elle permet de s’adapter aux situations, elle permet de vivre en harmonie tout simplement. Au diable les formes trop oppressives qui bloquent la sensibilité de chacun et annihile souvent les talents ou les possibilités enfouis, les rêves et les envies. Liberté d’expression ! Mais justement jusqu’à un certain point. Car si la forme n’a guère d’importance pour moi, le fond est revanche est capital et là je peux énoncer mes grands principes d’éducation.

 

Je veux que mes enfants soient honnêtes et emplis de probité, respectueux des autres, des différences et tolérant sur tout ce qui les entoure mais fiers d’eux mêmes, de ce qu’ils sont tout en reconnaissant leurs faiblesses. C’est aussi une force que de connaître et reconnaître ses faiblesses, nous sommes humains donc faibles et forts à la fois.

 

Je veux que mes enfants soient polis et disent s’il vous plaît, merci, tiennent la porte aux vieilles dames, des enfants qui savent que si la vieillesse peut être un naufrage elle est surtout la sagesse de l’expérience de la vie. Toute vie est respectable y compris celle des animaux.

 

Je veux que mes enfants soient pacifiques et pacifistes mais qu’ils sachent répondre aux coups et à la calomnie, répondre mais jamais provoquer.

 

Je veux transmettre à mes enfants ce que je suis, en bien ou en moins bien, les défauts font partie d’une personne et les parents ne sont pas parfaits. Transmettre mes racines, mes goûts et mes inclinations pour qu’une fois devenus grands ils puissent construire leur vie avec ces fondations, quitte à les renier. On se construit en tuant le père.

 

Je veux que mes enfants aient des valeurs d’humanisme, de l’empathie et une morale, qu’ils sachent reconnaître le bon du mauvais, le bien du mal. Les valeurs de la religion et de la philosophie peuvent aider à cadrer la vie. « aimez vous les uns les autres » n’a jamais fait de mal à personne.

 

Je veux que mes enfants trouvent leur chemin et leur liberté dans les règles de la vie quotidienne et celles de la démocratie.

 

Je veux que mes enfants sachent réfléchir, utiliser leur libre arbitre et qu’ils aient le savoir le plus vaste possible, la connaissance libère et évite de se faire manipuler et puis accessoirement elle permet de mieux vivre et d’avoir une bonne formation, un bon métier, quelle que soit la connaissance mais bien sûr celle de l’honnête homme est fondamentale. Et la culture au-dessus de tout.

 

Sans doute ai-je oublié, on oublie toujours quelque chose mais je veux des enfants qui soient de beaux êtres humains et reconnaissons le, être parent est difficile, c’est impossible parfois, les enfants font les parents, les parents font les enfants. On ne naît pas parents on le devient, dans la douleur dans la joie dans la vie.

 

Par Jérôme Bimbenet
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 19:41

Deux films pour le prix d'un ? Disons que cela fait longtemps que je ne suis pas venu sur le blog, je fais un prix de gros. Fighter d'abord. Un film monté par Mark Wahlberg sur l'histoire vraie d'un boxeur qui réussit à devenir champion du monde après une longue série de défaites, à 30 ans passés, après avoir largué sa famille et son entraîneur de frère, délinquant et taulard, junky et champion inachevé. Le boxeur est Micky Ward. Il est la caution du film puisqu'il apparaît à la fin, lors du générique, avec son frère Dicky Eklund joué dans le film par Christian Bale. 

 

Le film joue dans un genre hyper balisé et stéréotypé. Et il réussit à balayer tous les stéréotypes en les transcendant. Il touche juste avec l'évocation de la famille et des amis des boxeurs, réalisme de l'interprétation et de la réalisation. Du début à la fin, on se passionne pour cette histoire tellement américaine de rédemption. Pas de grandes plongées esthétiques à la Raging Bull ou à la Million dollar baby. On est au coeur, dans les tripes, le sang, la vie des personnages et leurs difficultés, leurs mésententes. Film coup de poing, si je puis dire, dans lequel les scènes de combat sont magnifiques car sans style donc complètement brutales, sans fioritures. Une caméra au plus près, qui égratigne et s'en prend plein la figure. C'est magnifique de bout en bout, émouvant et l'on se prend à boxer sur le fauteuil et à exploser de joie à la fin du film. Jouissif. Du cinéma à l'état pur, sans prétention et bourré de talent. On en redemande!

 

World invasion est un film de guerre. Il se trouve que les ennemis sont des aliens mais cela reste un film de guerre. Dans le style de Démineurs ou plus lointainement de Full Metal Jacket. En moins bien of course mais pas si nul que ça parce que très efficace. C'est ce qu'on demande à ce genre de films. Une escouade prise au coeur d'un Los Angeles détruit et en flammes face à des extra-terrestres forcément invincibles. Et sans Rambo, sans Schwarzie! Eh bien cela tient la route, de l'action encore de l'action toujours de l'action, quelques scènes émouvantes, un esthétisme soigné, des clins d'oeil à Kubrick donc mais aussi à Predator et à tous les films de ce genre. Déjà vu mais les effets spéciaux sont réussis. Déjà vu mais efficace. On a le droit de ne pas aimer mais si on a envie de s'en prendre plein la figure (on se détend comme on peut) alors on se laisse volontiers faire. Sans compter la philosophie du truc, les méchants aliens veulent nous piquer notre eau, notre bien commun qu'on gaspille! Mais qui sont-ils vraiment ces aliens, pas des soviets ça c'était la guerre froide, pas des arabes ou des pays du sud, leur technologie est trop avancée (alors que dans District 9 c'était plus plausible), alors sont-ils nous mêmes ? Notre autre face ? Bon allez, pas sûr qu'il faille se poser des questions, une fois de plus le sort du monde se décide aux USA, finalement rien de nouveau à ce sujet!!! Si les Ricains n'étaient pas là...

Par Jérôme Bimbenet
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 22:17

Un triste événement familial m'a tenu éloigné de ce blog deux semaines durant. J'y reviens avec le film que j'ai vu le soir de l'événement en question. Il y a donc deux semaines que j'ai goûté aux délices des femmes du 6è étage. Quel délice. Voilà vraiment un film délicieux où le bonheur st simple comme une chambre individuelle sous les combles d'un immeuble haussmanien dans les années 60. Fabrice Lucchini joue avec une magnifique sobriété un bourgeois engoncé dans les traditions et totalement raide de conventions. Sa femme, sublime Sandrine Kiberlain, passe ses journées à s'ennuyer dignement en jouant aux cartes avec des voisines encore plus conventionnelles qu'elle. Le couple a deux enfants, deux garçons blondinets et têtes à claques, gosses de riches qui se croient tout permis mais qui ont peut-être de la ressource. Et surtout, au 6è étage de l'immeuble, vit une ruche incandescente de bonnes espagnoles, toutes aussi bavardes et excentriques les unes que les autres. Excentriques comme les clichés des bonnes espagnoles mais bon, pas faux forcément! La rencontre entre le monde du dessus et le monde du dessous n'est pas possible. Pourtant une jeune bonne espagnole (à faire mourir tous les toréadors et les taureaux) va réussir à dérider la plate bourgeoisie de l'étage lucchinien. Elle s'oppose, elle s'impose, elle se pose. Et notre bon bourgeois s'y dépose! Il craque, il apprnd l'espagnol et devient sensible au sort de ces exilés du franquisme, il leur fait du bien. Et vlan, sa femme le flanque à la porte. Où va-t-il donc ? Au 6è étage! Chez les bonnes ! Et là, le monde du dessous prend le dessus! Enfin il savoure le bonheur d'être seul, libre, indépendant lui qui a toujours vécu avec les autres. Plus de conventions, juste des Conception! (prononcez à l'espagnol). Et une magnifique histoire d'amitié (avec les bonnes) et d'amour (avec la bonne) commence. Et le film fait du bien, il rend heureux, il est limpide, beau, Lucchini irradie de joie et Natalia Verbeke brûle l'écran. Un sérieux accessit pour une actrice inconnue mais absolument géniale: Berta Ojea. La grosse bonne sensuelle et douce, extraordinaire dans laquelle on a envie de plonger pour se réfugier. Ce film est un régal du début à la fin. Un film de mecs, un vrai. Un rêve. Lisez Les Cahiers du cinéma pour une analyse intellectuelle, je m'en tiens aux souvenirs émus des images du film. Et la fin est un enchantement absolu! Heureux vous dis-je!!!

Par Jérôme Bimbenet
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Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 22:39

Mort et résurrection du western. Il n'est fini plus de mourir et de renaître, phénix indomptable comme le mustang de l'ouest. De Clint Eastwood (Pale Rider, Impitoyable) à Kevin Costner (Danse avec les loups, Open Range) et autres Jarmush, le western revient toujours, encore et toujours et cette fois de bien belle façon! Il fallait oser faire un remake du True Grit de Hattaway avec John Wayne (100 dollars pour un shériff, 1969), film fort honorable qui marquait la déchéance de John Wayne, acceptant de jouer un ivrogne hâbleur contraire à toute sa carrière. Les frères Coen ne reculent devant rien et ont repris le roman d'origine. Résultat ? Somptueux! Un régal absolu, une pure jouissance esthétique et sensuelle, le pied total, the big foot comme on dit à Wounded Knee. Le vrai plaisir de l'amateur de western, avec des galops dans le clair de lune, des coups de feu qui pètent, des paysages magnifiques, des gueules de cinoche du samedi soir et un talent pour filmer le tout! Des dialogues où pointe l'humour et le second degré habituel des frères, des situations cocasses (dormir au milieu des macchabées, grimper à un arbre pour décrocher un pendu) pour la gamine du film. Le film est l'histoire d'une jeune fille de 14 ans qui veut venger le meurtre de son père et qui engage un vieux marshall ivrogne pour arrêter l'assassin. Il est accompagné par un Texas ranger dont le ridicule n'a d'égal que son courage final. Ce dernier est joué par un Matt Damon kischy à souhait. Le marshall est sublimement interprété par jeff Bridges, qui pourriat bien avoir un oscar pour la deuxième année d'affilée. Bougon, bavard, hâbleur, ivrogne, sans coeur mais vite subjugué par le courage de la gamine, l'acteur est à son sommet. Meilleur que John Wayne, c'est pour dire! Mais bien sûr la révélation du film est un petit bout de fille à la frimousse renversante qui transperce l'écran, Hailee Steinfeld. On n'a pas fini d'en reparler, elle est carrément exceptionnelle. Les frères Coen ont réussi à tordre les codes du western avec des séquences hyper attendues ou convenues qu'ils réinventent totalement. Le film est aussi le récit de perte de l'innocence de Mattie Ross (Heilee Steinfeld) dans une sorte de quête d'identité ou de rite de passage à travers un féminisme avant l'heure. Ce film est un ravissement permanent, un plaisir complet, je l'ai dit, le pied! A voir, c'est l'un des meilleurs des frères Coen... le meilleur ? ?? 

Par Jérôme Bimbenet
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Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 22:06

Pas sûr qu'Allah ait grand chose à voir là dedans! Au contraire, ce sont bien les peuples arabes qui se soulèvent les uns après les autres, entrant à grand fracas dans le monde moderne, du moins peut-on l'espèrer. La dernière grande révolution de ce type, qui ne concernait pas les Arabes mais les Perses, a débouché sur un retour au Moyen-Âge, en Iran. Une révolution n'est pas forcément synonyme de démocratie, nous sommes bien placés nous les Français pour le savoir. La Révolution française a engendré deux dictatures, celle de Robespierre et celle de Napoléon. Elle n'a en fait obtenue la démocratie que près d'un siècle plus tard et encore imparfaitement. En ce sens, nous serions bien avisé de ne donner de leçon à personne. Comment peut-on attendre d'un peuple qu'il soit démocrate alors qu'un siècle fut insuffisant pour nous ? Regardez en Russie! Belle démocratie en effet, des efforts certes mais pas encore accomplis. 

 

Mais oui on peut parler d'un printemps des peuples arabes (même si le mouvement a commencé en décembre), un soulèvement général et un appel à la démocratie. Ou tout au moins à se débarrasser des régimes en place, ce qui n'est pas pareil. Et la jeunesse est aux avants postes, comme dans toute révolution. Les situations sont toutefois différentes d'un pays à l'autre. La Tunisie a un peuple éduqué où l'égalité hommes-femmes est quasiment acquise, Ben Ali protégeait le pays contre l'islamisme dans un régime autoritaire mais ouvert (eh oui on peut être les deux pour cause de tourisme!!) mais il avait confisqué le pouvoir pour sa famille et se comportait en mafioso. Cela ne pouvait plus durer. Il est parti vite car ce régime ne tenait plus. Peu de victimes. Une révolte donc. Pas encore une révolution, attendons la suite, la démocratie n'est pas encore assurée même si l'opposition semble aller dans ce sens. L'Egypte est un pays où les richesses sont très inégalement réparties. Les pauvres et les classes moyennes ont eu raison de Moubarak, il a tenté de se maintenir, sûr de sa position géopolitique. Mais tous les moins de 30 ans n'ont connu que lui!! Ras le bol et trop d'autoritarisme. Là aussi, il protégeait le pays contre l'islamisme et il avait maintenu la paix avec Israël! Ce qui explique l'importance de Moubarak sur la scène internationale. Les Egyptiens ont fait une presque révolution, le raïs est parti mais après... Quelle entente entre les partis d'opposition? Et la démocratie ? Avec les Frères musulmans ? Je voudrais bien voir cela!! L'après Moubarak ne sera pas simple, gardons un oeil sur l'Egypte, pays stratégique mais donnons quitus au peuple, ce dernier a intérêt à ne pas se faire confisquer la victoire.

 

La Libye! Ah! Kadhafi est au pouvoir depuis 43 ans! Les 3/4 de la population n'ont connu que lui! Presque aussi long que Louis XIV et Louis XV! Une dictature gangstérisée! Mis au ban de la communauté internationale plusieurs fois et pourtant indispensable dans la géopolitique africaine, et puis le pays est très riche en pétrole, en gaz! Alors Sarkozy l'a reçu en grandes pompes il y a 3 ans, c'est vrai! Rama Yade fut la seule à dire ce qu'il fallait en penser, c'est vrai. Ce n'est pas bien certes que de recevoir ainsi les dictateurs, mais quoi, et la realpolitik ! Les chefs d'état se reçoivent les uns les autres, ils se disent parfois quelques vérités mais les droits de l'homme passent souvent à la trappe devant les réalités économiques. Le colonel se maintient, il s'éccroche. La Libye est riche, ce ne sont pas des révoltes de la faim mais celles de la liberté, une vraie révolution qui a ses victimes, nombreuses, le régime tire dans la foule. On promet même des "rivières de sang". Une guerre civile, le chaos. C'est possible, le pays est divisé en tribus, en clans et c'est la tribu de Kadhafi qui règne sans partage, les autres se lassent. Vengeance. Et la démocratie ? On verra bien. Kadhafi protégeait le pays contre l'islamisme, la Libye est un des rares pays musulmans laïques ou les gens sont éduqués, où les femmes sont à égalité avec les hommes. Les apparences occidentales mais une poigne de fer. Kadhafi se défend, l'appel à la liberté de tout un peuple et les violences laissent supposer une vraie révolution. Aucune révolution n'est pacifique, aucune ne se fait sans victimes, sans têtes coupées parfois sans guerre civile. La "révolution de velours" de 1989 n'était que la conséquence des autres et de l'ouverture du mur, pas un affrontement. Dans le Maghreb, il y a affrontement. En Egypte, en Libye. Les dictateurs ne veulent pas partir... mais la démocratie ?? La révolution peut mener à la dictature islamiste, comme en Iran. C'était d'ailleurs l'excuse des dictateurs, eux maintenaient loin ce danger. Après eux le déluge!

Et les autres pays ? Les trois cités sont des républiques où des personnes ont pris ou obtenu et renforcer le pouvoir. Le Maroc est un royaume. Le roi est le descendant du Prophète, que risque-t-il ? Pas grand chose, le peuple semble réclamer une vraie monarchie parlementaire ou le roi se contente de régner. Cela réussit assez bien en Europe mais le roi n'a alors plus de pouvoir. Mohammed VI a déjà réformé, il est intelligent, proche de l'occident, un consensus devrait se faire dans ce pays. Le roi reste le roi, aimé et respecté de la plupart des Marocains. mais le pays reste pauvre et inégalitaire, encore un effort Sire! Cela devrait passer sans encombres. 

Les émirats ont un modèle proche, des souverains, des dynasties autoritaires mais des peuples riches. La liberté sonne dans ces pays, on assiste à un recul du Bahrein. Là aussi, il fudra négocier, je ne crois pas en la fin des monarchies pétrolières, trop d'intérêts en jeu, ces pays devraient se démocratiser peu à peu grâce aux mouvement populaires. Le Yemen est sur le modèle des trois pays révoltés, c'est une république et le président est en place depuis 33 ans. Ce pays sera sans doute le suivant sur la liste révolutionnaire. Il faudra suivre le rôle de l'armée, une guerre civile est possible si le président ne part pas. Mais après... même problématique que précédemment, démocratisation ou islamisation radicale (le pays est déjà le plus islamisé de toutes les républiques) ?

Reste l'Algérie! Encore et toujours! Cela méritera un article plus tard! Le vent de la démocratie n'a jamais pu souffler très loin. Bouteflika a levé l'état d'urgence, les Algériens se sont calmés. Pour combien de temps ? C'est de ce pays que la contestation est partie, les émeutes de la faim! N'oublions pas que la Révolution française a commencé par des émeutes de la faim et une grave crise économique. Ce n'est certes pas le même schéma mais tout de même! Notre attention est toute entière sur l'Algérie, combien de temps Bouteflika va-t-il tenir ? Combien de temps le peuple va-t-il accepter cette  vague ouverture ?

 

Enfin, Irak, Iran, Arabie saoudite, les autres émirats! L'Irak est dans une situation très particulière puisque le dictateur a été délogé par les Américains et que le pays est sur la voie de la démocratisation (à l'américaine donc par la force extérieure), en fait de démocratie, bernique! Et les émeutes reprennent. L'Iran ? Les moins de 32 ans n'ont connu que le régime des ayatollahs. On sent que tout est possible mais la dictature reste très solide. Une guerre civile est plausible dans les années à venir, voire plus, le pays est gouverné par un fou dangereux, bien plus que tous ceux déjà cités ici et il a presque les moyens de sa folie. Le vrai danger est là, pas ailleurs. Quant à la péninsule ? Le vieux roi Fahd se meurt en Arabie et la famille n'est plus bien solide mais la rente pétrolière est tellement forte qu'une révolution est peu envisageable ou alors si, de palais! Bref, cela fait plus de 20 ans qu'un tel mouvement populaire ne s'était propagé sur une région du monde (Europe de l'est, 1989). C'est tout le monde musulman qui bouge, cela devient fascinant. Une question essentielle toutefois si on relit le Coran, la liberté et la démocratie sont-elles solubles dans l'Islam ? En Europe oui car c'est une religion importée qui se fond dans les nations et la démocratie mais sur ses terres ? C'est l'un des enjeux majeurs du monde de demain et des mouvements actuels.

 

Par Jérôme Bimbenet
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Présentation

Profil

  • Jérôme Bimbenet
  • Le blog de Jérôme Bimbenet
  • Homme
  • 22/09/1960
  • enseignant chercheur le monde le cinéma l'histoire
  • Historien du cinéma et des peuples, chargé de cours à l'IUFM de Paris et chercheur associé à l'Institut du temps présent-CNRS, professeur d'histoire-géographie en collège. Auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles.

Contributions diverses



A lire dès aujourd'hui un dossier sur le cinéma européen dans la revue Internet universitaire Le Mensuel, où figure mon dernier article sur le rôle politique du cinéma en Europe. Le cinéma joue-t-il un rôle politique et lequel ? Début de réponse dans l'article, début de réflexion qui ne demande qu'à être approfondie.

link

 


 


Chez Timée éditions, nouvel éditeur très efficace, le livre de Fabrice Delsahut brosse un tour d'horizon de la situation des peuples à travers 50 histoires qui nous rapprochent de la condition humaine. Fabrice m'avait demandé une postface pour cet ouvrage. J'ai repris le texte d'une des conférences que j'avais donné lors du Fipau en 2006 où je pose la question "Quelle histoire pour les premiers peuples ?". On a trop souvent tendance à penser que les peuples dits premiers n'ont pas d'histoire car ils n'ont pas l'écriture donc pas d'archives et car leur temps est souvent circulaire. Dans la tradition initiée par les Annales et Lucien Febvre, je démontre qu'il n'en est rien. Lucien Febvre qui écrivait très justement  que l'histoire "doit se faire sans documents écrits s'il n'en existe point (...) On peut faire de l'histoire avec des mots, des signes, des paysages et des tuiles. Des éclipses de lune, des expertises de pierre, d'un mot tout ce qui, étant à l'homme, dépend de l'homme, sert à l'homme, exprime l'homme, signifie la présence, l'activité les goûts et les façons d'être de l'homme (...) il faut faire parler les choses muettes". Une belle définition de l'histoire. Lisez ce livre qui complète agréablement le mien et n'omettez pas le précédent de Fabrice, Indiens, les premiers américains. Fabrice est un ami et un excellent chercheur, allez-y de ma part, vous ne serez pas déçu.





Jeux olympiques obligent, commençons par un ouvrage intitulé Images de la femme sportive, publié chez Georg en 2003, avec la participation du musée olympique de Lausanne, dirigé par Laurent Guido et Gianni Haver. De nombreuses contributions autour de l'évolution du rôle de la femme dans le sport et sa relation au corps dans les années 30. Mon texte s'intitule "L'image de la femme sportive dans les films de Leni Riefenstahl et sa réception dans la presse parisienne des années 30".
 

link

"L'accueil de Triumph des Willens et Olympia de Leni Riefenstahl en France dans les années 30" est un article que j'ai écrit grâce à François Albéra pour le numéro 45 de la revue de l'Association française de recherche sur l'histoire du cinéma, la revue 1895. Ce fut le premier article qui présentait succintement les résultats de mes travaux de thèse et qui présentait pour la première fois l'origine du parcours de la flamme olympique, tant convoitée et décriée cette année. 
 
 

Dans le numéro de la revue de l'UTBM (Université de Technologie de Belfort-Montbéliard), Frontières en images, une mémoire cinématographique, qui rend compte du colloque Entre vues sur le sujet, mon intervention portait sur "La réconciliation franco-allemande dans le cinéma français et allemand des années 1930, à travers l'exemple du film La Tragédie de la mine (Kameradschaft) de G.W Pabst, réalisé en 1931. Ce film est symbolique à plus d'un niveau car il n'est pas en double version comme cela était courant à l'époque (une version française puis dans les mêmes décors l'équipe allemande tournait la même scène), il est la symbiose des deux. Allemands et français dans les deux langues tournent dans le même film. C'était un film militant, pacifiste et cosmopolite à un moment où l'Allemagne gagnait son billet d'entrée dans ma communauté internationale (rappelons que c'est cette année là que les Jeux olympiques lui furent attribués pour 1936). Je vous renvoie évidemment à mon article pour plus de détails. L'affiche du film est l'originale. Le film n'eut qu'un succès d'estime et le cosmopolitisme de Pabst fut bientôt battu en brèche par l'arrivée des Nazis au pouvoir. Il s'installa en France mais retourna durant la guerre en Allemagne, sous le prétexte de sauver sa mère, ce qui ne l'empêcha pas d'y tourner quelques films comme Paracelse et surtout de participer au montage d'un film de propagande anti-britannique, Baptême de feu (1940). Gardons de ce metteur en scène un peu oublié aujourd'hui les chefs d'oeuvre que sont La Tragédie de la mine mais surtout Loulou et Le journal d'une fille perdue avec Louise Brooks, La rue sans joie avec Garbo ou L'opéra de quatre sous


Dans le numéro de la revue RECITS en 2007, les actes du colloque Entre Vues de 2006 avec mon intervention sur La Kermesse héroïque, film de Jacques Feyder, tourné en 1935, qui fit les délices de l'ORTF pendant ma jeunesse... Le film vient d'être enfin édité en DVD en France, il existait des versions anglaises ou espagnoles, je donnerais l'éditeur dès que je l'aurais vérifier. A voir toute séance tenante, lors de sa projection en salle à Belfort, le public se tordait de rire. Une grande comédie avec une Françoise Rosay sublime. Le film fut reçu avec beaucoup d'ambigüité en 1935 car certains ont cru y déceler une pose germaniste et une violente critique de la politique pacifiste française (pas faux sur ce dernier point). Le film est beaucoup plus complexe que cela, je vous renvoie à mon article, que je mettrais en ligne dès que possible.  
 

Ce que l'on écrit, ce que je d



Dédicaces le 4 juillet : le site Armand Colin
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Et le programme officiel de la Cinémathèque
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Sur Film et histoire (Armand Colin, collection U)

- Un excellent compte-rendu de Laurent Wirth dans la revue électronique du Centre d'histoire de Sciences-Po
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- Le Ciné-club de Caen avec plein de liens détaillés vers des articles du livre
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- Le compte-rendu de la BIFI par Axelle Ropert
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- Le blog d'Albert Montagne
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Sur Quand la cinéaste d'Hitler fascinait la France (Lavauzelle)

- Une très mauvaise critique de Nicolas Vollodre (qui est-ce ?)
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 - L'excellent compte-rendu de Vincent Lowy dans Questions de communications
link 

    - Une très bonne analyse du livre par le Dr Gaëlle Liedts pour Artes liberales
link 


Peuples premiers des mémoires en danger (Larousse, réédition 2008)
A conseiller pour des cours en lycée
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