Vu ou lu


Cinéma cinéma


Le bal des actrices

bravo Maïwen pour ce beau film, drôle et touchant, presqu'une comédie musicale. Une approche très véridique du métier d'actrice mi documentaire mi fiction, chaque actrice jouant son rôle et laissant éclater sa vérité. Karin Viard est étonnante quand elle s'imagine sérieusement que la France est trop étroite pour elle! Muriel Robin est très émouvante confrontée à son image de comique (la scène avec Weber est effrayante), Mélanie Doutey est à la limite du ridicule dans son voyage très 70's vers les Indes où elle adopte, pour se détacher d'une gloire si prenante, Charlotte Rampling se laisse aller, et toutes les autres... Julie Depardieu, géniale comme toujours, un pur régal. Ce film est un pur régal, un enchantement avec une découverte, le grand rôle masculin perdu au milieu de ces dames, Joey Starr! Eh oui, le frappeur d'hôtesse de l'air est un acteur né, d'un naturel remarquable et d'une grande force comique! Que dire de plus ? Allez-y, c'est rien que du plaisir et de la bonne vérité sur le milieu du cinéma!



Espions

Bon film d'espionnage, bien filmé et bien interprété. Un point : le film est presqu'entièrement en anglais (il est indiqué en VF partout) car il se déroule en grande partie à Londres. Guillaume Canet est très bien comme toujours et l'on salue le retour de Géraldine Peilhas, les deux experts dans la langue de Shakespeare. Bon film mais de là à crier à l'encensement général de la critique sous prétexte que le metteur en scène est un ancien des Cahiers, il y a un pas que je franchirai pas. 



Plus tard tu comprendras


Au risque d'être en désaccord avec mon amie Danièle (zermo's blog), voilà un film qui, bien que vu à la télévision, est remarquable. Justement, vu à la télévision car au départ c'est un  téléfilm. Hors Amos Gitaï n'a cédé sur rien de son style et il a d'abord fait un film de lui même, ce qui explique sans doute sa sortir simultanée au cinéma. Sans doute en salle la vision sur grand écran de l'esthétisme difficile de ce film passe autrement que sur le petit écran. Danièle se plaint par exemple des longs travellings sur les murs qui semblent enfermer les personnages dans leur histoire, certes mais faut-il lui rappeler gentiment que c'est là la marque d'Amos Gitaï ? Qu'il est toujours très difficile d'entrer dans ces films, que les longueurs ou les langueurs s'y sont pas forcément monotones ? On peut ne pas aimer, on peut décrocher et le risque à la télévision de zapper est alors très fort. Une fois passé le début du film, si on fait l'effort de continuer (le spectateur moyen n'a pas l'habitude, il se laisse emmener par le confort et le conformisme), le film peu à peu s'installe et l'émotion gagne. Plus tard est construit par de grandes séquences dont on sait qu'elles ont taillader dans le livre de Jérôme Clément, à la surprise puis avec la bénédiction de ce dernier. C'est un film sur la quête intime de l'identité, sur la découverte du judaïsme et de l'histoire dramatique des rafles et des camps. Au milieu, les acteurs, sublimes. Hippolyte Girardot d'une maturité incroyable, dans le non-dit, magnifique de ténacité et écrasé, Emmanuelle Devos et Dominique Blanc, toutes deux magnifiques, touchantes et chuchotements et l'impériale Jeanne Moreau dont les sourires sont désarmants et qui obtient un des rôles majeurs de sa carrière. Et la scène du film. La transmission du passé aux petits-enfants, dans la synagogue, à travers l'étoile jaune. Tout le drame de la Shoah et de sa mémoire est dans cette scène, une des plus belles que j'ai vue au cinéma (au cinéma!), d'une émotion absolue. Plein de questions autour de ce film. On peut avoir eu du mal, trouver que c'est parfois un peu trop signifiant (c'est vrai que la scène des cailloux et des bottes allemandes me semble un peu lourde) mais l'ensemble est magnifique. Un grand film d'Amos Gitaï. Un grand moment de télévision, un grand merci au service public. Si je paye la redevance pour ça, je veux bien payer. Je ne sais pas l'audience mais j'espère que le service public va continuer dans cette voie (il y avait eu l'assassinat d'Henry IV la semaine précédente, bonne démarche, très pédagogique mais trop théâtral, il faudra corriger pour la suite).



Largo Winch

J'avais bien aimé Anthony Zimmer, le précédent film de Jérôme salle. Il confirme tout son talent avec ce Largo Winch très tonique qui n'est pas loin des productions jamesbondiennes du genre. On se perd hélas un peu dans l'intrigue dont le fond est simple mais qui est décliné par une forme qui part dans tous les sens si bien qu'à un moment, il vaut mieux cesser de comprendre et se laisser porter par l'action, il y en a beaucoup, par la qualité de l'image, superbe, par l'interprétation en particulier celle de Tomer Sisley, la révélation de ce film. Il brûle la pellicule et a vraiment une gueule d'enfer. Je crois que nous tenons l'un de nos grands acteurs d'aventures de demain. Mélanie Thierry est charmante mais son rôle est un peu sacrifié. la grande Kristin Scott-Thomas est toujours formidable. Largo Winch est un bon divertissement, bien mené qui mérite d'être vu mais qui reste un peu de deçà des promesse qu'il laissait entrevoir.

Et après

je ne voulais pas voir ce film, ayant une mauvaise image de Guillaume Musso et de son "style" littéraire, de ses sujets vaguement ésotériques et bien pensants, à la Marc Lévy, que je n'aime pas du tout (pas le personnage charmant au demeurant mais l'oeuvre). Puis, les conditions horaires ont fait qu'à défaut de ne rien voir, j'y suis allé. Et puis il y a Romain Duris et John Malkovitch. Résultat ? J'ai somnolé une bonne partie du film, seules les vingt dernières minutes sont un peu intéressantes. Duris surjoue en anglais, l'oeil grave et noir, Malkovitch donne l'impression de s'endormir à chaque scène, il est venu cachetonner. La jeune actrice, je en sais plus son nom, est en revanche radieuse. Quant à l'histoire ? On est dans la lignée du Sixième sens sauf que Bourdos n'est pas Shyamalan et Duris est loin de Bruce Willis. Ainsi, une mise en scène plus nerveuse, un meilleur scénario auraient pu faire passer le sujet, après tout tous les sujets sont acceptables pouvru que ce soit bien fait. Hélas! La morale est sauve toutefois, faîtes le bonheur autour de vous, soyez heureux avant de mourir, aimez vous les uns les autres. Alleluia! Amélie Poulain fait des émules avec la bonne conscience américaine. Cela m'insupporte. je préfère que ça déglingue à tous les étage comme chez les frères Coen. je ne viens pas au cinéma pour des leçons de morale mal administrées. Je ne suis pas prêt de lire un roman de Guillaume Musso mais cela ne m'étonne pas que ça marche! Vox populi!




De l'autre côté du lit

Ce qu'il faut pour la rentrée après d'épuisantes vacances festives et familiales. Un film pas compliqué avec un scénario qui ne risque pas de faire mal à le tête. La femme prend la place de chef d'entreprise du mari qui lui devient femme d'intérieur et occasionnellement vendeuse! de bijoux. Elle trouve sa part de masculinité et lui sa part de féminité. La morale est sauve puisque la femme revient  à la maison et le mari à son bureau. Les enfants étaient traumatisés par l'inversion des rôles mais le couple fut sauvé. En fait, sous des dehors de gentille comédie sans prétention, le message est là : chacun à sa place. Pas de psychanalyse de bas étage! Les acteurs s'en donnent à coeur joie, l'ensemble est sans prétention, Sophie Marceau est toujours aussi belle et Dany Boon aussi drôle. Je dois avouer que j'ai beaucoup ri, eh oui! Parfois même à m'en décrocher la machoîre, en particulier lors de la scène où Juliette Arnault (superbe) et Dany Boon vont à l'hôtel pour ne pas consommer. L'inscription sur le registre est un grand moment comique. Le retour du chti. Bref, aussitôt vu aussitôt oublié mais sur le moment, on s'amuse bien. Au moins une comédie qui donne ce qu'elle promet.


Madagascar 2

Surtout ne pas voir la version française dont les seules références sont la banlieue. Les bêtes parlent comme à Clichy sous bois, ce qui est proprement scandaleux car ce n'est pas le cas dans la VO (au moins dans le premier). Quel besoin a-t-on en France pour attirer la jeunesse de doubler les films en langage banlieue ? J'évoquerai ce problème une autre fois. Le film est drôle certes mais pas de quoi fouetter un canard. Sans doute la VO...
 
Burning after reading, des frères Coen

Retour en forme des frères Coen, après le chef d'oeuvre No country for old man, bien violent. Celui-ci suit les traces d'une bande d'abrutis déjantés (Brad Pitt en con fini est surprenant de vérité, Clooney aussi mais on a plus l'habitude). Un film plaisant qui donne parfois une impression de laisser aller, sans doute les deux frères se sont-il un peu "reposés" après le grand oeuvre! La mise en scène demeure enjouée et élégante, les acteurs s'en donnent à coeur joie (Malkovitch dans un rôle comique, c'est assez rare) et l'ensemble se laisse voir. Un bon divertissement.

Secret défense, de Philippe Haïm

Un film vu alors que ce n'était pas prévu, des horaires plus adaptés que d'autres... et une vraie bonne surprise. Enfin un film d'espionnage français digne de ce nom. Une mise en scène au cordeau, une histoire incroyable mais qui semble proche d'une possible réalité, un ensemble hyper documenté, des acteurs magiques dont un Vahina Giocante sublimissime qui transperce l'écran et pas seulement, elle est incandescente  et troublante et un Gérard Lanvin minimaliste où le moindre clignement de paupière évite des lignes de dialogue. très rythmé, bien mené, du suspense, un montage virtuose, une musique superbe, les autres acteurs aussi (Simon Abkarian!), bref un excellent film français qui n'est pas loin des films américains (j'ai pensé à mensonges d'état, sur un sujet proche) malgré il faut le dire une petite baisse de régime en seconde partie. Allez encore un effort, on y est presque... 


Mia et le migou, de Jean-Rémy Girerd

Très joli conte écologiste sur la protection de la nature et d'un arbre sacré en particulier, celui des migous, de gros nounours maladroits qui se disputent tout le temps. On se doutait de la qualité du film, le précédent de Jean-Rémy Girerd était remarquable et constitue un mètre étalon du genre, La prophétie des grenouilles.  Tout est très beau et très finement fait, de la musique (requiem de Fauré au début) au doublage (Dany Boon désopilant dans le rôle des migous), un ton pastel dans la droite ligne des grenouilles, une morale sur la sauvegarde de la nature pas trop appuyée et une approche intelligente des problèmes  (le deuil, la solitude, la séparation des parents, etc). Un joli film intelligent qui mérite d'être vu en famille, une bonne alternative à Madagascar 2 et il y aura (hélas) moins de monde! Il est clair que la démarche d'aller voir ce type de films est loin d'être naturelle, on préfère la cavalerie américaine, drôle sans doute mais moins dentelée. Disons que ce film apparaît un peu plus "intello". Mais c'est un bonheur même s'il n'atteint pas les sommets de La prophétie des grenouilles.  


Cinéma cinéma : Quantum of solace

Quelques films... James Bond, toujours remarquable et tellement crédible. Daniel Craig revisite le mythe depuis Casino royale. Quantum of solace en est l'immédiate suite, le film démarre 20 minutes après la fin du précédent. En trombe. De l'action, de l'action, encore de l'action, ça n'arrête pas, et le film est court, 1h45, presque un court métrage pour une série qui généralement déborde les 2h30! Très efficace. Les critiques ont fait la fine bouche, on ne voit pas pourquoi, pas assez intello ? Pas assez fouillé ? Mais si le héros a des soucis, il réfléchit, il vibre, il s'humanise. Non, laissez tomber les critiques, ce film est un pied total pour ceux qui aiment (les autres, tant pis). Amalric roule des yeux de méchants et fait ce qu'il peut, c'est bien pour sa carrière mais Daniel Craig perce l'écran et il est le meilleur James Bond de l'histoire. Salut Sean...

Two lovers

James Gray est la plus belle découverte du cinéma américain depuis Spielberg. Tous ses films sont des chefs d'oeuvres. Celui là l'est presque. J'ai du mel à supporter Guyneth Paltrow, elle n'est jamais crédible, dans aucun de ses films (j'ai détesté Shakespeare in love). Mais heureusement, la réalisation est sublime, certaines scènes entrent dans l'histoire du cinéma (le suicide du début, la déclaration d'amour de Joaquin  Phénix sur le toit, de dos, émouvant à pleurer). Une grande et belle histoire d'amour entre un jeune homme inadapté dans la vie et deux femmes, le fantasme inaccessible et la réalité stable. Choix cornélien, sujet rebattu mais mise en scène remarquable et acteurs formidables, surtout Joaquin Phénix, le plus grand de sa génération. Une découverte permanente. Il dit vouloir arrêter le cinéma. Pétitionnez vite, que sera le cinéma sans lui ? Il est génial, on l'a déjà écrit partout. Depuis Gladiator où il volait la vedette à Russel Crowe jusqu'à Two lovers. Peut-être son meilleur film reste-t-il The Yards, du même James Gray où il atteint au sublime. Ne fais pas de bêtises Joaquin, le monde du cinéma a déjà perdu le grand frère (River, mort en 1993, acteur incandescent et grandiose), reste encore un peu, please!

L'échange

Quel âge déjà Clint Eastwood ?? Fichtre, pas si vieux quand même ! Et deux films en cours... Celui-ci a déjà été critiqué partout, parfois en bien, comme étant classique et sans fioritures. Certes, c'est un très long fleuve pas tranquille qui s'étale sur l'écran. Un film très classique dans sa forme, juste un montage alterné par deux fois, en particulier la scène du tribunal. Mais quel film! On en ressort accroché aux murs, détruit, en larmes, bouleversé. Exceptionnel! Un très grand film, très touchant sur une histoire vraie incroyable.  Un film qui mêle plusieurs entrées sur la même histoire, la disparition d'un enfant, la corruption de la police, un abominable serial killer à côté duquel celui de Seven n'est qu'un enfant de choeur, un procès, une mise à mort, un portait de femme, un portrait de Los Angeles au tournant du cinéma parlant, remarquable reconstitution. Bref, on ne s'ennuie jamais et on est chaviré devant toutes les émotions, révolté de l'attitude de la police de Los Angeles (tiens, drôle de croisement avec l'actu et l'affaire de Filippis...), horrifié devant les meurtres d'enfants et la pendaison hyper réaliste (Eastwood a toujours opposé à la peine de mort), le film dérange souvent mais emporte tout sur son passage. Hyper classique, certes mais Autant en emporte le vent l'était aussi. Superbe interprétation (Malkovitch et les enfants, Angelina Jolie un peu en dessous de ce qu'elle faisait dans la rôle de la femme de Daniel Pearl, trop kitsch ici à mon goût), photo magnifique, scénario magnifique et clair. Bref, un très grand film, un de plus pour ce très jeune réalisateur plein d'avenir qu'est Clint Eatswood. Vivement le prochain, en plus il joue dedans... trop classe, Clint!


L'ennemi public numéro 1

Je n'ajouterais rien à ma critique de la première partie du Mesrine. La suite est magnifique, c'est du très grand cinéma et tant pis si le héros est Mesrine. La dernière image (celle de l'affiche) rappelle La passion du Christ et cristallise tout le film. Image sublime du martyr. Mesrine, martyr ? Le film pose la question d'ailleurs, d'où sa rivalité avec François Besse, plus terre à terre. A vous de voir mais le cinéma vient en tout cas de le transcender, il entre dans l'histoire, comme Scarface ou Al Capone, canonisés par le cinéma. Quant à Vincent Cassel, il vient d'accomplir les deux films de sa vie. 




Le crime est notre affaire


Des personnages sympathiques et excentriques nous entraînent dans une enquête curieuse et excentrique. Agatha Christie adaptée par Pascal Thomas, en fait les héros sont les mêmes que Mon petit doigt m'a dit : Catherine Frot et André Dussolier. On rit, on sourit beaucoup, c'est bien mené, agréable, du pur divertissement. Hélas, malgré le casting remarquable, il manque au film un brin de folie qui l'aurait emmené vers les grandes comédies. Il reste un film agréable pour le dimanche soir, sans plus. Dommage.


Un petit Woody

Hélas mille fois hélas! Que font les critiques ? Je suis un fan absolu de Woody Allen, je connais tous ses films, je les ai toujours aimé même les moins bons. Je suis un fan de Scarlett Johanson, un fan de pénélope Cruz et je trouve que Javier Bardem est un excellent acteur... quand il joue pour les frères Coen!! Tous les ingrédients étaient réunis pour que je prenne un grand plaisir à voir Vicky Cristina Barcelona. Et les critiques unanimes placent le film parmi les grands de Woody Allen. J'y suis donc allé les yeux fermés. Tous les ans, un film de Woody. Avec lui, on n'attend pas. pas comme avec Kubrick naguère ou Malick de nos jours. Et puis, pendant une heure, rien. Je me suis ennuyé dans toutes les largeurs. Bien filmé, bien interprété, ce film se veut comique (il est présenté comme ça par les critiques) mails il ne m'a tiré que quelques grognements convenus d'habitué allénien. Je n'ai pas intégré le film. Aucun intérêt. Puis arriva Pénélope et là, enfin, la pellicule a pris feu. Moi aussi. C'est une actrice d'enfer qui dévore littéralement ses partenaires. Ah la séquence où elle marche avec Scarlett, la brune et la blonde. Le rêve du cinéphile. Mais la pauvre Scarlett s'est fait incendié par Pénélope. Pas étonnant que Tom (l'autre Cruise -Cruz) l'ait quitté, on ne peut pas tenir face à elle. Elle est incandescente. Elle n'apparaît que dans la dernière partie du film et c'est elle dont on se souvient. Tant pis Scarlett, tu as fais ce que tu as pu, c'était injouable. Pénélope Cruz est hallucinante. ne serait-ce que pour elle, le film peut être vu. Sinon, c'est un triste Woody, je ne comprends pas les critiques unanimes. Peut-être une explication : le film a été vendu comme une comédie. Je suis allé le voir en espérant, en attendant une comédie de Woody Allen, comme dans les grandes périodes. or, ce n'est pas une comédie. C'est un film grave qui est mené par sa légèreté mais ce n'est pas une comédie comme les autres Woody Allen. Le Nouvel Obs cette semaine parle du film comme un "conte cruel" et une "expérience scientifique" de dissection des sentiments humains. C'est mieux. Vu comme cela, le film semble plus intéressant. Mais, finalement, Barcelone n'est peut être pas un lieu où les propos alléniens sont à l'aise. La même histoire à New York aurait eu une autre gueule. Bref, un coup pour rien. Ne croyez pas les critiques. Autant retourner voir Mamma Mia, là au moins on sait ce qu'on va voir!



Appaloosa dans la lignée de Hawks

 


Ed Harris est un excellent acteur et confirme, après son prodigieux Pollock, qu'il est un grand metteur en scène. Son western est d'un absolu classicisme mais il appartient aux grands westerns taiseux et d'amitié virile des derniers John Ford ou de Howard Hawks (on pense à Rio Bravo ou Liberty Valance, aussi aux 7 mercenaires). Ed Harris s'amuse à déjouer toutes les conventions après les avoir utilisées. Chaque séquence est agrémentée de clins d'oeil, d'humour au second degré et les personnages sont très humains derrière leurs façades austères. Le film est dépouillé, va à l'essentiel quant à l'action pure et se permet de longues digressions littéraires ou émotionnelles (la relation Ed Harris-Renée Zellwegger est assez jouissive). Bref, ce film prend les codes et les distord aussitôt. Admirablement filmé et interprété, n'y oublions pas un Jeremy Irons qui semble franchement prendre son pied, Appaloosa s'inscrit dans les westerns qui font date. La nouveauté ici est que ce western n'est pas crépusculaire, c'est un western en pleine forme, de personnages rugueux et humains dont la fin reprend encore un thème éculé en le distordant, celui du poor lonesome cow boy qui taille la route... quoique.. un film à voir, les paysages y sont également sublimes.
Un film hallucinatoire aux références multiples

Vinyan, l'âme des défunts, si j'ai bien suivi. L'histoire d'un couple qui a perdu leur fils unique dans le tsunami en Thaïlande et que la mère, jouée par Emmanuelle Béart pense avoir reconnu dans une vidéo réalisée par une ONG locale. Ils se mettent en quête de ce fils perdu à travers la jungle birmane. Sujet fort intéressant qui m'a attiré dans la salle. Et je ne sais trop quoi penser du film, parfois expérimental comme le long générique du début, dont le son transperse les images supposées d'eau ou de gouttes d'eau multicolores sur l'écran (figurant le tsunami??) A bien des égards, on peut penser que le film est vraiment très mauvais. L'histoire tient à peine debout, les plans sont souvent à la limite du vraisemblable et tournent parfois au ridicule, l'interprétation d'Emmanuelle Béart frise aussi l'overdose de l'hallucinée (elle devient peu à peu folle, victime de ses fantômes et de la jungle). Esthétiquement pourtant, le film tient la route et on peut tout aussi bien y trouver son compte. Alors bien sûr, les références abondent, de nombreux plans ont déjà été vus ailleurs, mais on ne peut reprocher au réalisateur de n'être pas le premier à filmer la jungle et l'hallucination des âmes perdues. Ainsi, d'Apocalypse now (Béart en colonel Kurz entourée de son armée d'enfants assassins... limite mais bon...) à Voyage au bout de l'enfer, de Joseph Conrad à la série des Rambo (surtout le dernier), de Sa majesté des mouches à Cannibal holocaust, le territoire est balisé. De l'aventure au mélo malade jusqu'au gore, toute la folie dégrade le film et en ce sens, c'est une forme de réussite. Film curieux, instable, vénéneux, il est, malgré ses nombreuses imperfections et les très mauvaises critiques lues ici et là, un voyage initiatique au milieu des fantômes des enfants disparus, un film qui met mal à l'aise et dont la fin, qui frise le ridicule, fout carrément les jetons. C'est le traitement que le metteur en scène fait des enfants assassins qui attisait ma curiosité. Certes, on est loin de Golding ou de Peter Brook mais on ne peut demeurer indifférent aux images du meurtre du père par tous ces enfants qui protègent la mère matricielle qu'est devenue la mère charnelle du garçon pris par le tsunami. A vous de voir...










Jaoui ou Leigh ??

Deux films qui devaient être des événements mais qui n'en sont pas. Agnès Jaoui nous avait régalé du goût des autres, intéressé comme une image mais ne sait pas trop bien nous parler de la pluie. Bien filmé, bien tourné, le film est souvent long et s'use sur les leçons de vie du couple Bacri-Jaoui. Non que le film soit mauvais, il est ennuyeux. Le sujet est intéressant mais on a l'impression que le couple rabâche. Bacri bacrise (après tout on l'aime aussi pour ça), Jaoui se prend la tête, très sérieux malgré de vrais grands moments de comédie. Le clou du film est le tournage raté au milieu des causses avec le troupeau de moutons qui bêle à qui mieux mieux. A hurler de rire, dommage que tout le film ne soit pas de ce niveau de comique. Une fois de plus, je dois l'avouer, c'est Djamel Debouzze qui m'a conquis. Emouvant, drôle, tendre et d'un naturel désarmant, il confirme film après film qu'il est un immense acteur. A mon grand dépit car je ne le supporte pas en tant que personnage public. Déjà dans Amélie poulain, c'est lui qui sauvait le film du désastre absolu, une révélation entrevue dans Le ciel les oiseaux ta mère, pas si mal que ça. Dans Astérix mission Cléopâtre, il s'affirme comme un acteur comique majeur, dans Angel-A, il sauve encore le film par sa composition émouvante et désarmante, dans Indigènes, il s'affirme définitivement comme un des plus grands, aux côtés de Roschdy Zem et Sami Bouajila. Tous issus de l'immigration ? Et alors, ils sont immense, le talent n'a pas de frontières, le talent et le génie ne connaissent pas le racisme. Bravo Djamel, continue au cinéma, seulement au cinéma!
Mike Leigh a réalisé une comédie! Quelle annonce ! Le social triste fait sa comédie. Be happy donc ! Hélas! Certes, le film est bien fichu, avec des scènes d'anthologie (l'auto-école!!) mais pendant une longue demi-heure, on ne sait pas trop où Mike Leigh nous emmène, on s'ennuie un peu si ce n'est l'accent des actrices qui met un peu de sel (à voir en V.O of course). Puis, le film décolle et l'histoire de cette jeune femme de 30 ans qui rigole tout le temps et tente de mettre la pêche partout où elle passe prend le large. Superbe séquence de flamenco! Mais elle rit car elle est triste, le monde est triste, les gens qu'elle rencontre ont des problèmes, non seulement le moniteur du permis de conduire mais aussi cet élève, qui en frappe un autre, violent, qui en une séquence avec un psychologue avoue que son beau-père est violent. On est en plein cliché! Révélation aussi rapide, improbable! Et la victime des coups ? On s'en fout on s'intéresse au coupable, c'est lui qui a des problèmes, c'est à lui que la société va donner des moyens pour tenter de résoudre ses problèmes. L'autre ? La victime ? Tout le monde s'en fout, comme en France. Ceux auxquels la société s'intéresse sont les enfants à problèmes, les violents, les décalés, on tente de les aider. C'est bien mais les autres ? Ceux qui se prennent les coups parce qu'ils travaillent ? Parce qu'ils sont dans la norme ? Parce qu'ils sont "bien élevés" par des parents qui font leur boulot de parents ? Ceux-là, qu'ils se débrouillent, ils peuvent se faire frapper, ils doivent comprendre ces pauvres enfants battus (hélas) ou laissés pour compte. Où est l'égalité ici ? Je méloigne un peu du film mais cette scène m'a soulevé les tripes, je me serais cru dans un film de Bégaudeau !!!! Donc Be happy n'est pas une comédie. C'est un film plus léger pour Leigh que les autres mais c'est un film triste. Bien fait mais triste. Quant à Bégaudeau, je ne suis pas allé voir Entre les murs. Irais-je ? Palme d'or, il va bien falloir que je m'y risque. Mais l'hunanimité des critiques fait froid dans le dos. Je sais ce que je vais trouver dans le film. Tout ce que je viens de quitter. Tout ce que contre quoi je me bats, le prof copain à l'écoute des élèves, des élèves avec qui on passe son temps à discuter, à négocier. Même si cela entre bien dans le cadre de l'enseignement au collège, je pense que la discipline reste le principal fondement de l'apprentissage et de la vie en communauté. Je m'étais déjà opoosé à Bégaudeau dans un article avant les vacances, je ne change pas d'avis. J'irais le voir ce film qui "rend hommage aux professeurs" disait l'ex-professeur Darcos qui n'a plus mis les pieds en classe depuis 15 ans et sans doute pas dans les classes sensibles! C'est un sujet de bourgeois gauchiste ce film, sans doute est-il très bien fait, Cantet est un grand metteur en scène. Mais tant de démagogie (rien que la bande annonce) me dégoûte. Moi, j'y ai passé douze ans de ma vie avec ces élèves là. J'ai des bons souvenirs, c'est vrai et nombreux. Mais ce qui manque le plus dans ce genre d'établissements, c'est un minimum de discipline. Alors, réactionnaire ? Oui, mais pas autant que la majorité des profs qui veulent surtout que rien ne change, ni en bien ni en mal. La paix sociale coûte cher. Elle a failli me coûter la santé. Je me préfère à eux, désolé, je suis un égo-réactionnaire!




Films de rentrée bons ou moins bons

Gomorra tout d'abord. Un film choc sur la camorra napolitaine et campanienne. Une camorra qui tient tous les réseaux, qui paye le peuple et taxe les riches, se constituant ainsi une clientèle fidèle. Le film est tourné comme un documentaire, caméra épaule, si proche de la réalité que l'on se noie et que l'on ne sait plus ce qui est fiction et ce qui documentaire. Le livre de Roberto Saviano, dont est tiré le film,  est aussi hallucinant que les images. C'est un récit, une enquête, pas un roman. Tout ce qui est écrit a été entendu, vu ou vécu par le journaliste qui s'est mêlé à la camorra. Le port de Naples apparaît soudain comme le levier principal du trafic et du commerce parallèle entre l'Asie et l'Europe. Une partie des marchandises disparaît, n'existe plus, effacée. Et pourtant on la retrouve en vente plus loin, en Allemagne, en France... De très beaux moments sur la confection de la haute couture. La robe portée par Angelina Jolie aux oscars (dans le film c'est Scarlett Johanson) a été fabriquée dans les ateliers clandestins de la camorra et son maître d'oeuvre, aussi doué que Dior sans doute, restera inconnu et finira sa vie au volant d'un camion. Puni car il a appris aux chinois (autre mafia présente) à coudre les vêtements de stars. Superbes scènes dans le films, émouvants dans le film et le livre. Et puis, la violence. On tue, on tire mais ce n'est pas Scorcese. Pas de mythification de la violence, pas de lyrisme. On tue c'est tout et souvent on ne voit pas l'impact. On voit les corps, on voit les visages des survivants. Sobre et fort. Deux ados vont s'y perdre, en voulant s'abstenir de toute filiation envers un des groupes de la camorra, ils vont déstabiliser l'ensemble et finir comme des canards, au viseur. Ce film est un film édifiant, on se demande après l'avoir vu si l'Italie n'est pas gouverné par la mafia (économiquement du moins), quelle est son influence ? C'est un film militant, qui dénonce le rôle de la mafia mais aussi la passivité de la population et des gouvernants. Un réquisitoire brûlant à voir toutes séances tenantes. D'ailleurs, le livre est en tête de vente des essais.

La fille de Monaco m'a un peu déçu. Bien filmé, de la belle ouvrage mais Lucchini fait du Lucchini et Louise Bourgois n'est qu'une midinette bardot de plus. Elle est très belle et elle crève l'écran c'est vrai mais l'ensemble est finalement assez léger. Il y a de bons moments mais la fin est assez prévisible. Roschdy Zem sauve les meubles. Quel talent de ne rien faire pour tout dire!! Un immense acteur, mais ça, on le savait déjà. 

Mirrors est à conseiller pour les amateurs du genre. Bien ficelé, bien mené par Alexandre Aja (un français) dont j'avais apprécié la relecture de La colline à des yeux. Le film respecte les codes, une dose de gore (assez hard d'ailleurs), un peu d'humour, pas trop, du suspense avec famille et enfants. La fin est imprévue et rappelle Sixième sens. Plutôt original dans l'ensemble malgré des naïvetés ici et là, le film se laisse voir mais il est pour les amateurs d'horreur. Et puis c'est bien de retrouver Kiefer Sutherland au cinéma, il a pris de la patine.
 

Films d'été bons ou moins bons


Un dessin animé d'abord, Kung Fu Panda. Rien à voir avec le chef d'oeuvre essentiel de l'histoire du cinéma qu'est Wall.e, Kung fu panda est sympathique, très bien fait, mais l'histoire est banale, toujours pareil, un maître qui transforme une grenouille en carosse. Du Star wars en miniature. Yoga et Panda. Mignon, parois assez sombre; les scènes du méchant tigre rappellent Forteresse ou Le seigneur des anneaux. Assez féministe, c'est tendance, très politiquement correct, le film est agréable mais ne retient guère l'attention. La version française est mauvaise, surtout le doublage du panda. Pourquoi vouloir faire du 9.3 alors qu'il est évident que la VO américaine demeure compréhensible ? Ce Manu Payet qui double (que je ne connais pas) est régressif et infantile. C'est l'autre face de l'animation, celle-ci est accessible aux enfants mais pas trop jeunes.
Un mot sur la Momie 3. Bonne idée que d'aller l'empereur et son armée mais le film est rempli d'esbrouffe et guère intéressant. Plein d'effets spéciaux (c'est le moins) souvent remarquables, le film sent le ressassé, on est à la 3è phase de sa momification. Le premier était un bon divertissement, le second pas trop mal, celui-ci réchauffe un peu. Moins drôle que les précédents, compensé par les effets spéciaux et l'exotisme chinois (tiens donc, quel hasard). Jet Li a vraiment l'air d'une momie, Michelle Yeoh fait ce qu'elle peut mais il y a une petite actrice à tomber, son nom m'échappe mais rien que pour elle, on peut faire le détour. Contrat rempli, le film fit ce qu'il à a faire, il distrait, sans plus. Amusant en tout cas de voir l'héroïne écrire des livres sur la momie à une époque (années 30 et 40) où celle-ci fait les beaux soirs du cinéma d'horreur...
Hulk est un film agréable, plutôt intello pour ce genre, avec Edward Norton, la bonne idée pour humaniser le monstre. On réfléchit pas mal, ce qui explique ces piètres résultats mais les effets spéciaux sont réussis. On revient aux fondamentaux de Marvel et le super héro n'en est pas un, il est victime. Il fallait oser la course poursuite dans la favela, un film assez réussi.
 
La fille de son père. Jennifer Lynch est la fille de son père. Son film est d'une rare violence, pervers à souhait, admirablement interprété et très déstabilisant. Surveillance est à voir pour sa mise en scène au cordeau et sa fin de laquelle la morale est absente. D'ailleur le film n'a aucune morale. Très inspiré des films de papa, Surveillance est un bon thriller, angoisse et horreur sont au rendez-vous et surtout, ce qui m'a vraiment plu, sa totale perversité et son immoralité. Une découverte. Sauvez les enfants!
 
Côté français, Le premier jour du reste de ta vie est chaleureux, drôle, très vrai, tout le monde peut s'y reconnaître et les acteurs sont magnifiques. Une mention à Jacques Gamblin, décidément surprenant et très émouvant en peu de gestes. Un immense acteur méconnu qui confirme qu'il est l'un des meilleurs. Un bon film, l'un des rares bons films français du moment.
 
Hancock, effets spéciaux contre héros sale et images intéressantes mais la sauce prend mal et Will Smith est plus à l'aise en survivant, un coup pour rien. Un divertissement de plus sur une bonne idée un peu gâchée. My name is Hallan Joe est assez bien fait dans le genre très codifié du voyeurisme au cinéma, ici le voyeur entre littéralement chez sa victime et le fantasme s'accorde mal de la réalité. Ensemble sympathique avec de bons acteurs.
Bons baisers de Bruges est le film thriller de l'été. Très drôle, déjanté, deux acteurs exceptionnels dont un Colin Farell que décidément j'aime de plus en plus par sa désinvolture et son sixième degré d'humour. Un excellent film où Bruges est -bien filmée, malgré les pointes british d'humour noir contre la ville.C'est le film à voir pour ceux qui aiment le genre, une belle surprise. Que c'est beau Bruges la nuit.
Le monde de Narnia 2 est moins bien, moins surprenant, moins magique mais il réserve d'excellents moments, la bataille finale, le duel. Le film doit encourager les enfants à lire le livre, nettement meilleur of course. Mais on s'est pris d'affection pour les jeunes héros. 



A swedish love story, film  de Roy Anderson

Titre débile pour un titre original qui est "Une histoire d'amour" comme tant d'autres. Ce film date de 1970 et il sort pour la première fois en France. Parmi tous les films vus ces temps ci (dont un vieil Indy), celui-ci mérite une attention de la part de l'historien. Le film raconte une histoire d'amour pure et belle entre deux beaux ados suédois (surtout la jeune actrice, magnifique et blonde, tout ce que j'aime), un amour pur et absolu, entièrement à l'écart du monde adulte. Le film montre la culbute des deux mondes. Les adultes, engoncés dans leur convention très luthérienne mais dont les excès festifs sont parfois à la limite de l'outrance, engoncés dans leurs conventions, très froids et rigides alors que les deux jeunes sont en dehors du monde et vivent leur passion avec beaucoup de tendresse. Le film est très touchant, surtout très réussi dans l'approche sensible de l'autre. On s'effleure avant de se parler. Pour ma génération, cela rappelle des choses, certes, je suis plus jeune mais cinq ans tout au plus. Les approches amoureuses sont toutes les mêmes et la passion aussi. Ce film, qui a presque 40 ans, est un lumineux témoignage de la société soi disant rigide de la Suède des années 70 et de le jeunesse éternelle. A noter la présence dans un second rôle de Bjorn Andresen, qui illuminera pour l'éternité Mort à Venise l'année suivante, Tadzio c'est lui. Déjà très beau avant que d'être transcendé par Visconti. Un film intéressant sociologiquement qui nous replonge dans les années 70 et qui mérite le détour. Tout en finesse, souvent émouvant et disons le, dont la nostalgie nous prend, moi en particulier. Dieu que cette petite suèdoise est belle et désirable et correspond au stéréotype. 14 ans! Et alors ? L'observateur note que la jeunesse fumait allègrement et buvait déjà. Typique de la Suède du début des années 70 ? Pas la cigarette en tout cas. Pour toutes les qualités citées, il faut voir ce film pré-Abba. 
Autres films ? j'ai déjà écrit que je parlerai pas de tous les films mais il me semble que deux autres films méritent notre attention, je ne les ai pas encore vus. Children, film islandais en noir et blanc sur la maltraitance d'un enfant de 12 ans et Ezra, film nigérian sur les enfants soldats. Un même thème cette semaine en art et essai, la jeunesse. Trois visions différentes. Un conte d'hiver traite de la famille, à l'italienne. Desplechin remplit le contrat, le film est un peu long mais très brillant. Les interprètes somptueux, en particulier Deneuve qui vieillit bien, sa fille Chiara, très touchante et l'immense Amalric qui devrait toutefois éviter de surjouer les mêmes personnages d'un film à l'autre. Il est le méchant du prochain Bond, wait and see.

Désengagement, film d'Amos Gitaï
Voilà un film engagé en faveur de la paix, on connaît les opinions d'Amos Gitaï, grand réalisateur israélien dont j'adore généralement les films. Désengagement raconte le désengagement (justement) des colons juifs de la bande de Gaza par Tsahal. Le film est en deux parties. La première, moins réussie, se situe à Avignon où le patriarche vient de mourir. Se retrouvent ses deux enfants (de deux mariages), retrouvailles ponctuées par l'apparition de Barbara Hendriks, très émouvante dans le chant funèbre. Superbes images, magnifiques dialogues. La première scène dans le train entre le fils (israélien) joué par Liron Levo et une palestinienne en goguette jouée par la sublimissime Hiam Abbass, ne sert à rien si ce n'est qu'elle pose d'emblée le militantisme de Gitaï, réconciliation. Avignon est marqué par le ballet des retrouvailles entre Liron Levo et Juliette Binoche, superbe et enjouée. La scène clé est celle où Jeanne Moreau annonce l'existence d'une fille (celle de Binoche qui l'avait laissé vingt ans avant car trop jeune pour l'élever en kibboutz) et que celle-ci a droit à une partie de l'héritage du grand père. On nous révèle que ce dernier a continué à la voir. Pas la mère. Seconde partie, les retrouvailles de la mère et de la fille alors que Tsahal éjecte violemment les colons de la bande de Gaza (où vit justement la fille de Binoche). Le demi-frère du personnage de Binoche (Liron Levo) est l'un  des chefs de Tsahal et tout le monde se retrouve dans l'effroyable désordre de la situation. La fin est très émouvante et cette deuxième partie est très réussie. On y retrouve le grand Amos Gitaï. L'ensemble est cependant excellent et surtout, le film reste et s'imprègne en vous, il donne à réfléchir. Il faut vite aller le voir avant qu'il ne disparaisse totalement des écrans.




Como et jazz à tous les étages

Je ne suis pas un  fan de jazz, hormis quelques classiques, je n'adhère pas ou peu à cette musique. Pourtant, ce soir, j'ai été transporté, ému jusqu'aux larmes par le concert de Jean-Pierre Como à l'Auditorium St Germain. 14 musiciens. Classique et jazz se répondent en une fusion pathétique et émouvante dans l'âme soeur, écrit pour sa soeur décédée trop tôt. Como, c'est le Ravel d'une pavane pour un infante défunte. Magique et magnifique. Sublime dans le lyrique et le dernier souffle du saxo soprano emporte avec lui l'âme de la soeur aimée vers l'infini musical. Un requiem jazz! Quelle beauté, je me convertis à la musique de Jean-Pierre Como, il est le jazz, il fait pleurer son piano. 
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Bataille à Seattle, un film de Stuart Townsend

Un film choral sans doute avec de nombreux acteurs sont Charlize Theron et Woody Harrleson mais surtout, et cela fait plaisir à voir, un grand film engagé, un vrai film militant. Que l'on partage ou pas les opinions des militants anti-OMC qui ont littéralement saboté la réunion de 1999 à Seattle, on reste stupéfait devant la violence des autorités (malgré le peu d'empressement du maire) face aux manifestants. L'OMC aujourd'hui compte la Chine comme adhérente et à terme va sans doute compter la quasi totalité des pays, y compris en développement. Le film montre de l'intérieur les débats, parfois avortés, qui opposent les tenants d'une économie libérale dominée par les Etats-Unis (l'OMC est une émanation des Etats-Unis qui dirige en fait le commerce mondial) et les tenants d'une économie plus juste où l'homme vaut plus que les profits. L'Afrique souffre, son représentant prend fait et cause pour les manifestants, de même que celui de Médecins sans frontières. La situation n'a guère évolué puisque de grands groupes dominent la planète et l'exemple de la faillite du coton malien ou burkinabé à cause des quotas et des subventions américaines montre que l'OMC ne fonctionne que pour les pays du nord. Le film a des qualités évidentes, mêlant images d'archives et fiction et l'on est secoué par certaines scènes. Des gens applaudissent ou hurlent dans la salle, au-delà de l'oeuvre elle-même, il faut voir ce film militant (sans doute appuie-t-il trop parfois mais c'est la loi du genre) pour se souvenir que nous sommes de sacrés privilégiés mais manipulés par des puissances politico-financières (y compris la Chine en 2008) dont les intérêts ne sont pas les droits de l'homme. Des dizaines de milliers d'enfants meurent chaque jour dans le monde de malnutrition ou de maladies (sida ou même rougeole) mais quel prix face aux milliards des pétroliers ou des industries pharmaceutiques ? Des élèves m'ont demandé un  jour pourquoi ces gens (en Afrique subsaharienne surtout) ne se révoltaient pas ? D'abord parfois ils se révoltent mais sont rapidement maîtrisés par des états qui contrôlent l'alimentation et créent artificiellement des famines pour que la communauté internationale s'émeuve, envoie des aides, aides qui vont dans la poche des gouvernants. Et puis, la révolution ne se fait pas le ventre vide! Rien à craindre pour l'instant.

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Lettres de Paris, de Paul Morand (Arléa)

Paul Morand est un remarquable observateur de la vie artistique du Paris des années 20. Correspondant du journal The Dial de New-York entre 1923 et 1929, il écrit ses lettres directement en anglais et témoigne de la vivacité de paris, déjà investie de touristes (des bus sillonnent les rues, les Champs Elysées et se garent devant les monuments, les guides parlent vite et tout le monde repart après quelques photos. Quelle modernité) Proust y meurt, Aragon ou Giraudoux y naissent, Radiguet passe diaphane entre les bras de Cocteau, Picasso sue le génie, Monet peint des Nymphéas que Morand n'aime pas, Bernanos écrit Sous le soleil de Satan, Colette Chéri, Barrès trépasse et Malraux arrive. Entre deux guerres, entre deux mondes, un temps suspendu à défaut d'être retrouvé, le temps proustien égraine sa nostalgie, Gide fait scandale avec Corydon puis court au Congo, Stravinski et Diaghilev expérimentent de nouvelles formes d'art, les années 30 émergent au bout de ce point de suspension heureux. Tout cela et plus encore dans les Lettres de Paris, rééditées par Bernard Delvaille aux éditions Arléa, pour le plus grand bonheur de tous ceux qui ont été charmé par le journal de Maurice Martin du Gard ou le roman de Dan Franck sur la Bohème. A lire de toute urgence, tant d'esprit, de culture et de création font du bien en cette période sarkozyste du néant intellectuel accompli.

 

Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 08:55

Quelle bonne idée ce téléfilm sur Toussaint Louverture, en effet peu de français le connaissent et il ne figure pas dans les livres scolaires. Pourtant, je le connais depuis l'âge de 8 ans! J'avais lu dans une revue "Je sais tout" publiée dans les années 60 et 70 pour les jeunes l'histoire de personnage et j'ai plus tard travailler sur le sujet car je souhaitais écrire sur le premier député noir à la Convention, Bellay dont le portrait figure lui dans les livres scolaires. Je me souviens aussi de la polémique créée en 2005 par la publication d'un torchon écrit par un pseudo historien antillais sur Napoléon assimilé à Hitler, à l'origine d'un génocide à St Domingue. Cette polémique fut suivie par les médias sans que personne ne vienne vraiment s'opposer à ce taré, si ce n'est Thierry Lentz, spécialiste universitaire actuel de Napoléon mais que vaut la parole d'un universitaire face à un illuminé qui flatte les bas instincts des Noirs de France ? Bref, Toussaint donc! Film fort bien fait et très intéressant qui a le mérite de poser le personnage et la période mais la période justement est tellement confuse que sans les pré-requis historique, personne ne comprend rien. C'est aussi la limite du film, je ne suis pas sûr que les spectateurs aient bien compris! Si, ils sont du comprendre que Toussaint était un héros et Bonaparte un salaud! Que les Blancs étaient d'odieux esclavagistes et les Noirs des victimes maltraitées! Et le débat qui suivit la seconde partie hier n'a rien apporté de plus puisque les invités étaient tous de partie pris (que faisait Lilian Thuram là je ne sache pas qu'il est universitaire, quand aux acteurs, franchement, on se fiche de ce qu'ils ont à dire). D'autant que le débat commence par une erreur que personne n'a reprise, ce qui condamnait tout, Duquesne (insupportable coupeur de paroles et qui sait tout) annonce que la Convention a aboli l'esclavage. Non, la Convention n'a pas aboli l'esclavage, elle a confirmé contrainte et forcée l'abolition unilatérale effectuée par Santhonax près de 6 mois plus tôt à St Domingue. Jamais la Convention n'a voulu abolir l'esclavage, malgré la pression des abolitionnistes. Abolir, c'était créer une crise économique. St Domingue était premier producteur mondial de sucre, les colonies participaient au commerce français et mondial (y compris américain), il ne pouvait être question de tout mettre par terre. Sinon, pourquoi ne pas l'avoir fait après la Déclaration des Droits de l'Homme ? Robespierre (abolitionniste mais réaliste) ne put qu'entériner la décision de Santhonax, vrai abolitionniste, qui abolit donc l'esclavage à St Domingue le 29 août 1793. La Convention ratifie le 4 février 1794 et étend l'abolition à toutes les colonies, sauf les Mascareignes (comme quoi le réalisme économique est le plus fort) Rappelons qu'une fois affranchi en 1776 Toussaint sera planteur et aura des esclaves aussi!

 

Toussaint se bat un temps aux côtés des Espagnols, qui ne veulent pas abolir. St Domingue est en proie à une succession de guerres civiles complexes. Les mulâtres s'opposent aux planteurs et dévastent toutes les plantations, la République envoie Sonthonax mettre de l'ordre et trouver une sortie à la crise, il est abolitionniste. Toussaint se tourne vers les Français et souhaite que les planteurs et les noirs travaillent ensemble pour le bien de St Domingue, une forme de réconciliation quoi (hier Mme Vergès évoquait un Nelson Mandela en la personne de Toussaint, c'est assez juste). La France le nomme général, Santhonax abolit l'esclavage à St Domingue, sans en référer à la Convention. Le ralliement de Toussaint est du à l'abolition de Santhonax. Toussaint était d'abord auprès de Georges Briassou, chef des esclaves qui contrairement à ce qui est montré dans le film n'est pas mort d'une balle dans la tête mais est parti en exil en Floride! Quant à Santhonax, il n'a jamais été arrêté à St Domingue et presque fusillé, il est reparti quelques temps en France puis est revenu en 1794. Des erreurs historiques! Le père de Toussaint n'a jamais été balancé dans l'eau par les blancs, il est mort centenaire. La famille de Toussaint n'a jamais été déportée à la montagne mais à Bayonne, quant à cette histoire de trésor... 

Toussaint se rallie donc au général Laveau et devient général de la République. La Paix de Bâle signée en 1795 entre la France et l'Espagne mais la lutte contre les Anglais continue. Toussaint fait élire Laveau au Conseil des Anciens et Santhonax au Conseil des Cinq-cents. Il contraint les anglais à quitter St Domingue, l'emporte contre les Mulâtres de Riguaud et renvoie l'émissaire du Directoire Hédouville. Le Directoire confirme le pouvoir de Toussaint qui se retrouve chef de St Domingue, premier dirigeant noir d'une colonie devenue quasi autonome, avec l'accord du Directoire.

Quand Bonaparte arrive au pouvoir, il confirme Toussaint comme général en chef et proclame : "les principes sacrés de la liberté et de l'égalité n'éprouveront jamais parmi vous d'atteinte ni de modification" mais il envoie un représentant, Roume, ce que Toussaint désapprouve. Toussaint veut soumettre la partie espagnole de l'île à son pouvoir, ce que Bonaparte ne veut pas car il a promis à l'Espagne de se la faire remettre seulement au moment de la Paix et les deux colonies sont différentes, la partie espagnole a conservé l'esclavage. Toussaint entaille là l'autorité de Bonaparte et règne déjà en absolutiste. Toussaint conquiert la partie espagnole le 27 janvier 1801. Je cite Jean Meyer, spécialiste de la question :

"Toussaint se consacre à la remise en ordre de l'économie de la partie française, généralisant son système de fermage pour les anciennes plantations, obligeant par la force les anciens esclaves à reprendre la travail. Il réorganise l'île en instituant une assemblée centrale (..) qui élabore une constitution le 9 mai 1801 qui le nomme gouverneur à vie avec le droit de choisir son successeur." (Histoire de la France coloniale, Colin, 1991)

 

Bonaparte comprend alors son erreur de l'avoir confirmer à son poste et ne peut accepter cette sécession du territoire colonial par un gouverneur qui finalement a des visées autoritaires comme le Premier Consul. Bonaparte envoie donc 23.000 hommes commandés par le général Leclerc, son beau-frère, le mari de Pauline. Il ne peut y avoir deux pouvoirs absolus en France. Rien de raciste là dedans, juste une lutte de pouvoir.Devant le nombre et parce que ses généraux se sont ralliés, Toussaint se rend à Leclerc en mai 1802. Il se retire sur ses terres. Poussé par les anciens généraux de Toussaint (donc noirs), Leclerc lui tend un piège, l'arrête et l'expédie en France. Il est interné au fort de Joux car Bonaparte le considère comme un général rebelle qu'il faut faire plier. Pas de trésor comme dans le film, pas de racisme, juste la mise en place d'un pouvoir sans partage de la part de Bonaparte, une lutte d'hommes. A St Domingue, la guerre reprend de plus belle, l'armée noire est dirigée par un des lieutenants de Toussaint, Dessalines. Après la victoire de Vertières contre Rochambeau, il proclame l'indépendance du pays sous le nom de Haïti le 1er janvier 1804 c'est la première république noire et Bonaparte n'y peut rien. Dessalines en est le gouverneur à vie. Mais Toussaint est mort depuis avril 1803 et n'aura pas vu son oeuvre définitive. A propos encore une erreur historique dans le film. Le général Caffarelli qui supervise les interrogatoire de Toussaint est mort en Egypte en 1799...

Le 20 mai 1802 Bonaparte avait confirmé (et non pas rétabli) l'esclavage là où il existait encore car contrairement à ce que l'on pense, la Convention ne l'avait aboli que à St Dominque (encore fut-ce appliqué seulement en 1798) et en Guadeloupe. Les Mascareignes on l'a vu y échappèrent et la Martinique était occupée par les Anglais. Avec la paix d'Amiens en 1802, les Anglais rendent la Martinique toujours esclavagiste. Du coup le décret de Bonaparte s'étend à la Guadeloupe et à St Dominque, ce qui explique la constitution de Toussaint qui s'opposait à cette décision. Bonaparte privilégiait les blancs car "il était blanc" disait-il, il y avait bien sûr l'influence de Joséphine (famille de grands planteurs) et la réalité économique dans une France en crise! Plus tard l'empereur regrettera d'avoir fait arrêter Toussaint et justifiera l'esclavage par cette réalité économique qui l'emporte sur les principes humanistes qu'il avait aussi. N'oublions pas qu'il a ouvert les ghettos juifs en Europe (celui de Venise en particulier) et reconnu le droit des religions présentes en France (droit de culte, Concordat bien sûr)

 

Quoi qu'il en soit, on a les ennemis ou les opposants qu'on mérite. On se grandit de ses grands opposants! Toussaint était du niveau de Bonaparte et Bonaparte l'a détruit. Il ne pouvait y avoir qu'un. Mme de Staël ou Chateaubriand furent des opposants de qualité à Napoléon, qui les respectait.  J'espère avoir éclairci un peu cette période compliquée et avoir apporté ma petite pierre à la reconnaissance de Toussaint Louverture que les programmes d'histoire en collège devraient mentionner, au minimum! 

Par Jérôme Bimbenet
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 23:49

Ah la la ! Dujardin a du mouron à se faire aux Oscars! George Clooney fait l'une de ses meilleures prestations dans le film d'Alexander Payne, il est carrément génial.

En mari trompé et trahi par une femme qu'il disait aimer et qui était son repère dans la vie, femme qui dans le film se meurt après un accident de hors bord. Elle est le centre du film, la pièce centrale est la chambre d'hôpital où vont et viennent amis et famille, un cadavre ou presque au cour du film. La vie tourne et se reforme autour de ce cadavre. 

En père qui se retrouve seul pour éduquer ses deux filles, 10 et 17 ans, qu'il ne connaît pas, il est dépassé mais tout le monde va se rapprocher, non sans difficultés. Mari trompé donc, liaison révélée par sa propre fille ado rebelle. Le film devient un road movie entre les îles Hawaï pour rencontrer l'amant afin qu'il vienne faire ses adieux à la mourante! Road movie intérieur aussi où les incompréhensions vont s'atténuer...

Clonney dans le personnage d'un descendant d'une grande famille de Hawaï qui doit prendre la décision de vendre une terre à des promoteurs, ce qui enrichira la famille (ah les cousins, scène avec Beau Bridges!) mais qui fera un choix... voyez le film. Une vie pépère sous le soleil et les ukulélés perturbé par l'accident et les révélations. Le film est un "dramédie" comme dit Payne (réalisateur du superbe Sideways). On rit beaucoup mais les larmes coulent aussi, la scène de la révélation de la mort prochaine de la maman à la gamine de 10 ans est très émouvante. Si parfois les effets sont appuyés, le film paraît aussi délirant, on est parfois proche des frères Coen (O'Brother, avec le même Clooney). Quel acteur magnifique, mon admiration ne faiblit pas et il trouve là un de ses grands rôles. Un excellent film à voir, dépaysement garanti aussi!

Par Jérôme Bimbenet
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 23:39

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes... quel titre, l'original est La fille avec un dragon tatoué... plus parlant. Bon, je n'ai jamais lu le roman, je ne connais pas l'histoire, vaguement su que c'était assez gore mais c'est tout. Pas vu l'adaptation suédoise. Mais là, c'est David Fincher, un des plus grands cinéastes américains sont le dernier Social Network était sublime. Ni une ni deux, suis allé voir ce film. 2H40!! Pas vu le temps passer, une flèche, une balle! Absolument passionnant, on est pris, avalé par l'histoire et on retrouve la patte de Fincher, un peu Seven un peu Fight club. Un esthétisme froid (forcément), des plans magnifiques, des acteurs au somment (Daniel Craig anti Bond, fermé et décidé, faible aussi, Rooney Mara déjà vue dans Social Network, une révélation, elle porte tout le film. En fait, c'est elle l'héroïne. Je ne reviens pas sur l'histoire puisque tout le monde semble la connaître. On navigue a priori en terrain connu, une famille déchirée, des secrets enfouis, des révélations de dernière minute, une enquête dangereuse, un serial killer, l'ombre du nazisme et des tortures, une salle de tortures, un viol... bref, du Silence des agneaux à Seven (de Fincher aussi), de Saw  à Irréversible et bien d'autres encore, tout semble balisé. Mais David Fincher fait tout exploser, d'abord on est sur une île (le confinement) en Suède. L'ambiance est donc froide et l'image aussi, ce qui ajoute au malaise, une nuit presque permanente ou un ciel plombé. Pas étonnant que les gens veillent se distraire... Le couple formé par Craig et Mara est tellement improbable, lui journaliste à l'ancienne, petits carnets et photos accrochées au mur, inquiet et finalement assez fragile; elle orpheline maltraitée devenue quasi délinquante, victime de tous les malheurs et violente forcément, génie de l'informatique et superwoman (la moto, les bagarres, c'est elle qui domine vite la relation, qui réconforte, qui défend...), un monde finalement inversé, un film féministe! En opposition avec le sujet du tueur de femmes, machisme contre féminisme, la fille au dragon, un look d'enfer mais un charme fou, victime dominatrice. On le voit, au delà de l'enquête et du sujet lui même, c'est à une fouille psychologique sur le comportement de ses personnages que se livre Fincher. Tous les personnages, ceux de la famille de dingues aussi! Et les secrets sourdent dans l'obscurité terrifiante. On est proche du Ruban blanc de Hanecke, on est chez Bergman (dans l'approche esthétique aussi d'ailleurs le chef op est un élève de Nyvkist). C'est ce mélange des genres qui donne sa force au film. Une BO inquiétante et glaciale, une mise en scène au cordeau, un montage parallèle que certains jugent long et inégal mais que j'ai au contraire trouvé intéressant et utile. Millénium est un excellent thriller psychologique à ne pas mettre entre tous les regards mais qui hante longtemps après l'avoir vu. Une réussite.

Par Jérôme Bimbenet
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 22:29

C'est la saison des soldes mais aussi celle des classements et autres best of en français dans le texte. Donc mes films 2011. Sachant que je n'ai pas tout vu et pas en particulier le dernier Cronenberg, A dangerous method. Mais on classe quand même les autres. 

Deux films sublimes et déstabilisants planent au dessus de l'année cinématographique

MELANCHOLIA et TREE OF LIFE

 

Suivis par DRIVE, LE DISCOURS D'UN ROI, BLACK SWAN, INTOUCHABLES, THE ARTIST

 

Puis dans le top ten

HUGO CABRET, HABEMUS PAPAM, POLISSE

 

Juste derrière, des films bien classés 

 

LA GUERRE EST DECLAREE, TRUE GRIT, LA PLANETE DES SINGES, FIGHTER, X MEN LE COMMENCEMENT, LE GAMIN AU VELO, UNE SEPARATION, SUPER 8

 

Les autres films sont plus loin, aucun film n'est très mauvais, sauf peut être Alvin 3 mais bon... une déception, le Polanski. 

FILMS A VOIR

LES AVENTURES DE TINTIN, SOMEWHERE, HARRY POTTER 7, LA CHANCE DE MA VIE (très drôle), GREEN HORNET, ARRIETY, SHAME, L'ORDRE ET LA MORALE, LES MARCHES DE LA GLOIRE, CAPTAIN AMERICA, CASE DEPART, KUNG FU PANDA 2, PIRATES DES CARAIBES 4, OMAR M' A TUER, LE CHAT DU RABIN, LA CONQUETE, MINUIT A PARIS, SOURCE CODE, TOMBOY, LES FEMMES DU 6è ETAGE

 

A voir pourquoi pas mais on peut aussi s'en passer... tous les autres, y compris L'AU DELA de Clint, pas son meilleur

 

Et l'année prochaine ? En attendant, bravo The artist, il faut bien un film muet pour que la langue française fasse un succès au cinéma!!

 

Par Jérôme Bimbenet
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 23:24

C'est beau une ville la nuit! Clin d'oeil à Richard Bohringer qui apparaît quelques instants et qui est la cerise sur le gâteau de ce film magique de déambulation nocturne dans Paris aux côtés de Roshdy Zem et Sara Forestier. Un flic la nuit. On le suit dans ses visites dans les bars, les cabarets, les lieux interlopes d'un paris inconnu ou fantasmé mais bien réel. Samuel le Bihan y revient en force dans un rôle formidable de propriétaire de bars naïf à la limite de la légalité, ami du commissaire Roshdy Zem. Ce dernier est de tous les plans, fabuleux, il transperce l'écran, porte le film, la caméra le suit, ne le quitte pas. Le film rappelle par moments Melville ou Mann, Corneau aussi, celui du Cousin. Bel esthétisme, beaux cadrages, magnifique film noir, magique. Un pur plaisir, un grand moment de cinéma. Le meilleur film à voir en ce moment. Superbe!

Par Jérôme Bimbenet
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 23:40

Une grande leçon d'histoire et de cinéma! Où s'arrêtera ce jeune homme, Clint Eatswood ? Et Caprio ? Fabuleux comme toujours dans un rôle où la transformation physique est remarquable. Hoover est au seuil de sa vie et il raconte ses mémoires, sa version de l'histoire, à des jeunes journalistes. Le film est un aller retour permanent entre la jeunesse et la vieillesse de Edgar. Qui fut donc l'homme le plus puissant des States entre les années 20 et sa mort en 1972. On le savait déjà mais l'éclairage apporté par Clint est intéressant. Surtout parce que les archives manquent! Presque toutes ont été brûlées à la mort de Hoover, les secrets emportés avec lui, quel dommage. Il en reste quand même, comme celui sur Eleanor Roosevelt et ses fréquentations féminines, les écoutes de Kennedy et quelques autres. Mais le film ne s'attarde pas sur le côté politique, il faudrait en faire un autre. Il s'attarde sur le côté mise en place du Bureau et la lutte contre la pègre, poursuivant un peu le Public ennemies de Michael Mann, quand l'agent Purvis tue Dillinger. Hoover donne ici sa version... qui n'est pas la réalité historique. Le film est absolument passionnant, il brosse par delà les affaires du FBI un portrait de l'Amérique des années 30 vu de l'intérieur, de la Maison Blanche, la surveillance à tous les niveaux, la lutte contre les Communistes, le racisme. Il aborde la vie de Hoover, sa relation avec sa mère et son homosexualité à peine cachée. Bien sûr on pourra reprocher au film de faire un peu de psy de bazar! Mais bon, ça passe. Et puis Clint imagine des scènes plus ou moins plausibles (entre autres la bagarre avec l'ami-amant de Hoover) mais il faut bien combler les vides du dossier! Et le film a une grande ampleur, une interprétation hors pair dominée par Leonardo di Caprio, une mise en scène justement très ample et souple qui va à l'essentiel et qui s'attarde aussi sur des événements moins connus (l'enlèvement du bébé de Lindbergh que moi je connaissais pour avoir lors de mes travaux universitaires lu la presse de l'époque). Bref, un grand film, peut-être pas le meilleur de Eatswood mais qui trouve sa place dans les plus recommandables.

Par Jérôme Bimbenet
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 23:28

Faut être courageux ou inconscient pour sortir un film sur la crise en pleine crise et maso pour aller le voir. D'ailleurs il n'a pas un gros succès malgré la présence de Guillaume Canet. Pourtant, il vaut le coup ce film. Il raconte la spirale d'un homme poussé dans la déchéance et la pauvreté avec un môme sur les bras et une compagne, la mère de l'enfant, en prison au Canada. On s'attache aux personnages, Canet est très crédible dans ce rôle et on s'y attache d'autant plus qu'on sent que ça pourrait arriver à n'importe qui. Une spirale infernale où toutes les portes se ferment, où les banques vous mettent la tête sous l'eau au lieu de vous aider, où le monde s'écroule, où les valeurs s'écroulent. Seul le regard et les rires de l'enfant amènent un peu d'espoir, superbe cet enfant. Leïla Bekhti, que j'adore, est trop peu présente mais excellente. Le Canada est-il le refuge des cassés de la crise française ? Combien de A au Canada ? La dernière image, l'étendue infinie glacée et l'homme et l'enfant sur une moto neige le laisse présager. Cédric Kahn ne nous remonte pas le moral mais il le fait tout de même avec talent, difficile de s'enfoncer plus!!

Par Jérôme Bimbenet
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 21:32

Emballé par ma fougue, j'ai quand même oublié de préciser que mon temps de travail hebdomadaire est de 40 à 45 H. Pas 18 H, ça c'est les cours devant élèves. Et depuis 2 ans nous devons faire les nouveaux programmes, les préparer. j'ai passé la moitié de mes vacances d'été non payées à travailler sur les programmes. J'y passe mes week-ends. Alors ceux qui oseront encore dire que les professeurs sont des feignants et des privilégiés...

Par Jérôme Bimbenet
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 21:10

Allez, épanchons nous un peu, ça ne servira à rien mais ça me fera du bien. Donc, le président va s'occuper de l'école! Bonne nouvelle, que ne l'a-t-il fait plus tôt, s'agit quand même de l'avenir de la nation. Et de quoi va-t-il s'occuper ? Des élèves ? Non bien sûr, des professeurs, les profs, les enseignants. Je déteste le terme "enseignant" qui met à la même enseigne l'ensemble de la communauté scolaire, des "professeurs des écoles" donc les instituteurs (trices) au combien un terme généreux et sympathique alors que "professeur des écoles" tente de rallier le corps professoral qui n'a pas fait les mêmes études, faut pas désespérer Billancourt! De toutes façons tout est faux, seuls les professeurs d'université sont vraiment des professeurs. C'est leur grade. Le plus élevé. Nous on est juste professeur du secondaire, c'est flatteur mais après tout on professe. C'est cela mon métier, rien d'autre, je professe du savoir. Je ne suis pas là pour éduquer les enfants, c'est aux parents de la faire. Bon passons, c'est un autre sujet. Mais je ne suis pas enseignant, je suis professeur d'histoire et géographie, je suis même historien puisque j'en ai le diplôme (docteur en histoire) contrairement à la plupart de mes collègues du secondaire. Alors changeons le temps de travail. J'ai déjà écrit beaucoup sur le statut des professeurs et le travail. Je doute que les chefs d'établissement soient à même de juger un professeur, s'ils le font ce sera sur des critères qui ne sont pas l'enseignement mais le reste, donc pas mon métier. Premier point. Ensuite, le président veut que l'on passe plus de temps dans les collèges. Pourquoi pas, je ne suis pas contre mais cela risque d'être difficile. En effet, il n'est pas question d'augmenter le temps de cours, 18 H par semaine est déjà très limite, c'est très dur de faire cours aujourd'hui, épuisant, il faut être à 100% sinon ça ne donne rien. Il faut baisser les temps de présence devant les élèves pour être plus efficace. Donc, rester plus oui mais dans quelles conditions ? Voici les miennes. D'abord, pas de cours en plus mais 3 H de moins, qui seront consacrés aux concertations et résolutions des difficultés avec les élèves. Puis éventuellement un temps de travail personnalisé avec l'élève, sans l'accord des parents car c'est nous qui savons ce dont l'élève a besoin. Les parents freinent généralement le rattrapage de leur enfant car ils s'en font une image éloignée de la réalité. Ensuite, je veux un bureau, un ordinateur, des documents accessibles pour préparer mes cours, des photocopies illimitées. Recevoir les élèves ou les parents comme aux USA c'est très bien mais là bas ils ont le matériel que je viens de nommer. Enfin, je veux au moins 500 Euros de plus voire 1000 Euros de plus par mois (et être payé en fonction de mes années d'étude...) et penser à payer les vacances ou/et un 13è mois QUAND ON AURA LES 12 PUISQUE JE RAPPELLE QUE LES GRANDES VACANCES NE SONT PAS PAYEES. Si le président peut m'accorder tout cela, je vote pour lui. Ah j'oubliais, avant de voter, arrêter les suppressions de postes car personnaliser les études avec 30 élèves par classe, 30 élèves difficiles il n'existe plus de classes faciles, je ne vois pas comment faire. J'ai déjà dit que je n'étais pas opposé à une certaine autonomie des établissements mais alors qu'on leur donne des moyens et qu'on cesse la centralisation. Qu'on cesse aussi les mutations décidées par des ordinateurs, qu'on permettent aux professeurs d'évoluer plus vite dans leur carrière, qu'on cesse d'augmenter les jeunes professeurs en laissant pourrir les salaires des autres, qu'on cesse de traiter les professeurs de privilégiés (on l'est tellement que plus personne ne veut faire ce métier), qu'on rétablisse le respect, la discipline, un vrai niveau aux examens que du coup personne n'aurait ou presque... le brevet vaste fumisterie quant au bac... et j'en passe. Faîtes tout cela M. le Président et vous aurez ma voix... je crains que cela soit mal parti!!!!!

Par Jérôme Bimbenet
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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 16:15

Je suis en train de préparer quelques cours d'histoire du nouveau programme de 4è et il m'apparaît de façon criante et scandaleuse que l'on procédé à une grave censure. L'Empire n'existe plus dans les nouveaux programmes. On passe directement de 1804 à 1815 et un chapitre entier est consacré à l'Europe de 1815. De même la Révolution est-elle étudiée par thèmes et non plus par ordre chronologique. Qui fait les programmes ? L'Histoire est chronologie. Les thèmes transversaux c'est bien au lycée (et encore) et surtout à l'université. Pour étudier l'histoire de cette manière, il faut avoir les pré-requis nécessaires, on les a au collège. or si on demande aux collégiens d'étudier par thèmes, où sont les pré-requis ? Je suis favorable aux études transversales mais pas au collège, les enfants sont trop jeunes, ils ne connaissent pas la chronologie, ils n'ont pas les références, de toutes façons ils n'ont généralement aucune culture historique (voire aucune culture tout court). Du coup, on ne comprend plus rien à la révolution et à son déroulement complexe. On passe ensuite de 1794 à 1799 (où est le Directoire ?) et après une vue sur le Consulat (encore heureux étant donné les transformations essentielles de la période sur le pays), on arrive en 1815. Le Consulat lui même étant inclus dans la Révolution alors que celle-ci se termine justement avec le Consulat, les 9 et 10 Brumaire 1799. Le Consulat met fin à la Révolution. Bien sûr que l'on parle d'une grande période révolutionnaire de 1789 à 1815 puisque l'empereur est fils de la révolution mais ici on ne parle pas de l'empereur... et puis cette période s'achève en fait en 1871 après les révolutions et nationalismes du XIXè. Mais au collège, il faut rester simple. Donc pas d'Empire. On reste longtemps sur l'Europe de 1815, qui suit la défaite de Waterloo. La France est ce merveilleux pays qui commémore ses défaites et pas ses victoires. Rappelons nous en 2005, nous avons commémoré aux côtés des anglais Trafalgar. Pas Austerlitz. Pourquoi ? J'attends une explication plausible. La France n'assume pas son histoire. En 2015 on va commémorer Waterloo, vous voulez parier ? La plus grande défaite française avant 1940 sera commémorée en grandes pompes! Certes la bataille a ouvert la voie aux changements du XIXè en Europe mais pas en France. Et les programmes d'histoire s'inscrivent dans ce mouvement. En 6è et en 5è on aborde longuement les civilisations africaines et asiatiques au détriment de pans entiers qui sont oubliés (exit les Mérovingiens, une partie du Moyen-Âge et j'en passe). Je suis pour l'étude des autres civilisations, je l'ai assez dit, et l'Afrique mérite qu'on s'y attarde mais pourquoi au détriment de l'histoire de France ? On est en France fichtre, croyez vous que les anglais, les allemands ou les américains s'appesantissent sur les autres pays? Au lycée on peut reprendre tout cela mais au collège il faut les fondamentaux, la chronologie, les références, les fondements, le reste est littérature. La France a-t-elle honte de l'Empire ? Alors débaptisons les rues et avenues, il ne restera rien. Paris : boulevard des Maréchaux, c'est qui les maréchaux ? place de l'étoile est les avenues autour (Wagram, Eylau, Tilsitt, Friedland, Iéna et autres) c'est quoi ? la gare d'Austerlitz ? elle va subir le même sort que les galeries de M. Lafayette! Ou que les supermarchés du maréchal Leclerc! Et j'en passe... Les programmes d'histoire ne sont pas adaptés au collège et pourquoi censurer l'empire ???? Les bases même de la culture sont sacrifiées au nom de ... de quoi d'ailleurs, je ne sais pas. Donc je réintègre l'empire dans mon travail. Il ne s'agit pas de faire de l'histoire anecdotique (encore que par l'anecdote on capte l'attention) mais de faire la chronologie fondamentale. On s'y prend à l'envers, on veut faire réfléchir les enfants avant de leur apprendre les bases. Et on s'étonne des mauvaises performances des élèves français ?? On ne s'y prendrais pas autrement pour creuser encore plus l'écart entre le peuple et les élites. Et si c'était l'une des pistes d'ailleurs ? Après tout, ceux qui ont la chance d'avoir un entourage cultivé peuvent s'en sortir mais les autres, ceux pour qui l'école est tout ? On s'en fiche et on continue à baisser le niveau pour avoir la paix sociale. Ce n'est pas en prenant les gens pour des imbéciles qu'on achète la paix sociale. Quelle désillusion pour ceux qui croient s'en sortir alors qu'on les traîne dans le mensonge! Finalement, les programmes d'histoire et leur application ne sont qu'un des symptomes de la maladie de l'éducation nationale.

 

P.S : Nous avions réussi à faire maintenir au programme de 3è en 1997 l'URSS de Staline mais hélas pas l'Italie fasciste. L'année prochaine arrivent les nouveaux programmes de 3è, Staline doit-il disparaître comme Mussolini ? Quelle logique dans tout cela ?

Par Jérôme Bimbenet
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Présentation

Profil

  • Jérôme Bimbenet
  • Le blog de Jérôme Bimbenet
  • Homme
  • 22/09/1960
  • enseignant chercheur le monde le cinéma l'histoire
  • Historien du cinéma et des peuples, chargé de cours à l'IUFM de Paris et chercheur associé à l'Institut du temps présent-CNRS, professeur d'histoire-géographie en collège. Auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles.

Contributions diverses



A lire dès aujourd'hui un dossier sur le cinéma européen dans la revue Internet universitaire Le Mensuel, où figure mon dernier article sur le rôle politique du cinéma en Europe. Le cinéma joue-t-il un rôle politique et lequel ? Début de réponse dans l'article, début de réflexion qui ne demande qu'à être approfondie.

link

 


 


Chez Timée éditions, nouvel éditeur très efficace, le livre de Fabrice Delsahut brosse un tour d'horizon de la situation des peuples à travers 50 histoires qui nous rapprochent de la condition humaine. Fabrice m'avait demandé une postface pour cet ouvrage. J'ai repris le texte d'une des conférences que j'avais donné lors du Fipau en 2006 où je pose la question "Quelle histoire pour les premiers peuples ?". On a trop souvent tendance à penser que les peuples dits premiers n'ont pas d'histoire car ils n'ont pas l'écriture donc pas d'archives et car leur temps est souvent circulaire. Dans la tradition initiée par les Annales et Lucien Febvre, je démontre qu'il n'en est rien. Lucien Febvre qui écrivait très justement  que l'histoire "doit se faire sans documents écrits s'il n'en existe point (...) On peut faire de l'histoire avec des mots, des signes, des paysages et des tuiles. Des éclipses de lune, des expertises de pierre, d'un mot tout ce qui, étant à l'homme, dépend de l'homme, sert à l'homme, exprime l'homme, signifie la présence, l'activité les goûts et les façons d'être de l'homme (...) il faut faire parler les choses muettes". Une belle définition de l'histoire. Lisez ce livre qui complète agréablement le mien et n'omettez pas le précédent de Fabrice, Indiens, les premiers américains. Fabrice est un ami et un excellent chercheur, allez-y de ma part, vous ne serez pas déçu.





Jeux olympiques obligent, commençons par un ouvrage intitulé Images de la femme sportive, publié chez Georg en 2003, avec la participation du musée olympique de Lausanne, dirigé par Laurent Guido et Gianni Haver. De nombreuses contributions autour de l'évolution du rôle de la femme dans le sport et sa relation au corps dans les années 30. Mon texte s'intitule "L'image de la femme sportive dans les films de Leni Riefenstahl et sa réception dans la presse parisienne des années 30".
 

link

"L'accueil de Triumph des Willens et Olympia de Leni Riefenstahl en France dans les années 30" est un article que j'ai écrit grâce à François Albéra pour le numéro 45 de la revue de l'Association française de recherche sur l'histoire du cinéma, la revue 1895. Ce fut le premier article qui présentait succintement les résultats de mes travaux de thèse et qui présentait pour la première fois l'origine du parcours de la flamme olympique, tant convoitée et décriée cette année. 
 
 

Dans le numéro de la revue de l'UTBM (Université de Technologie de Belfort-Montbéliard), Frontières en images, une mémoire cinématographique, qui rend compte du colloque Entre vues sur le sujet, mon intervention portait sur "La réconciliation franco-allemande dans le cinéma français et allemand des années 1930, à travers l'exemple du film La Tragédie de la mine (Kameradschaft) de G.W Pabst, réalisé en 1931. Ce film est symbolique à plus d'un niveau car il n'est pas en double version comme cela était courant à l'époque (une version française puis dans les mêmes décors l'équipe allemande tournait la même scène), il est la symbiose des deux. Allemands et français dans les deux langues tournent dans le même film. C'était un film militant, pacifiste et cosmopolite à un moment où l'Allemagne gagnait son billet d'entrée dans ma communauté internationale (rappelons que c'est cette année là que les Jeux olympiques lui furent attribués pour 1936). Je vous renvoie évidemment à mon article pour plus de détails. L'affiche du film est l'originale. Le film n'eut qu'un succès d'estime et le cosmopolitisme de Pabst fut bientôt battu en brèche par l'arrivée des Nazis au pouvoir. Il s'installa en France mais retourna durant la guerre en Allemagne, sous le prétexte de sauver sa mère, ce qui ne l'empêcha pas d'y tourner quelques films comme Paracelse et surtout de participer au montage d'un film de propagande anti-britannique, Baptême de feu (1940). Gardons de ce metteur en scène un peu oublié aujourd'hui les chefs d'oeuvre que sont La Tragédie de la mine mais surtout Loulou et Le journal d'une fille perdue avec Louise Brooks, La rue sans joie avec Garbo ou L'opéra de quatre sous


Dans le numéro de la revue RECITS en 2007, les actes du colloque Entre Vues de 2006 avec mon intervention sur La Kermesse héroïque, film de Jacques Feyder, tourné en 1935, qui fit les délices de l'ORTF pendant ma jeunesse... Le film vient d'être enfin édité en DVD en France, il existait des versions anglaises ou espagnoles, je donnerais l'éditeur dès que je l'aurais vérifier. A voir toute séance tenante, lors de sa projection en salle à Belfort, le public se tordait de rire. Une grande comédie avec une Françoise Rosay sublime. Le film fut reçu avec beaucoup d'ambigüité en 1935 car certains ont cru y déceler une pose germaniste et une violente critique de la politique pacifiste française (pas faux sur ce dernier point). Le film est beaucoup plus complexe que cela, je vous renvoie à mon article, que je mettrais en ligne dès que possible.  
 

Ce que l'on écrit, ce que je d



Dédicaces le 4 juillet : le site Armand Colin
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Et le programme officiel de la Cinémathèque
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Sur Film et histoire (Armand Colin, collection U)

- Un excellent compte-rendu de Laurent Wirth dans la revue électronique du Centre d'histoire de Sciences-Po
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- Le Ciné-club de Caen avec plein de liens détaillés vers des articles du livre
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- Le compte-rendu de la BIFI par Axelle Ropert
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- Le blog d'Albert Montagne
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Sur Quand la cinéaste d'Hitler fascinait la France (Lavauzelle)

- Une très mauvaise critique de Nicolas Vollodre (qui est-ce ?)
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 - L'excellent compte-rendu de Vincent Lowy dans Questions de communications
link 

    - Une très bonne analyse du livre par le Dr Gaëlle Liedts pour Artes liberales
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Peuples premiers des mémoires en danger (Larousse, réédition 2008)
A conseiller pour des cours en lycée
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